L’Ifremer mesure l’eau de mer en continu

Le 29 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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Le 25 octobre, l’Institut français pour la recherche et l’exploitation de la mer a inauguré une nouvelle « bouée » permettant de mesurer en continu les paramètres physico-chimiques de l’eau de mer et les proliférations de phytoplanctons. Les chercheurs vont mieux connaître l’effet des flux de pollution apportés par les fleuves.

Deux mètres de haut, deux mètres de large et de multiples capteurs. La bouée Marel installée sur la digue Carnot, à l'entrée de la rade de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) est un laboratoire immergé dans l'eau de mer. Cette station de mesure est capable de donner automatiquement trois fois par heure, la température de l'eau et de l'air, la salinité, la teneur en oxygène dissous, le pH, le rayonnement solaire disponible pour la photosynthèse du micro-plancton, les concentrations en sels nutritifs (nitrates, silicates et phosphate), la fluorescence, paramètre qui permet de mesurer la concentration de plancton dans l'eau : «auparavant, nous ne pouvions que constater le début et la fin des phénomènes de prolifération de micro-planctons qui ont lieu pendant l'été, explique Alain Lefebvre, chercheur en environnement et aménagement du littoral au centre Ifremer de Boulogne-sur-mer. Désormais, nous allons connaître les conditions écologiques réelles qui favorisent les blooms d'algues ». Ce phénomène est le signe d'un déséquilibre du milieu marin. Les sels nutritifs provenant de l'activité humaine sont charriés par les fleuves et absorbés par les algues. En se multipliant, le plancton absorbe l'oxygène dissous et provoque l'eutrophisation des eaux. Si le mécanisme est bien connu, l'interaction des différents paramètres influant sur le milieu marin (salinité, ensoleillement, humidité de l'air, teneurs en sels nutritifs) est encore un champ de recherche peu exploré : «Boulogne est un bon terrain d'étude car nous pouvons mesurer plus finement les évolutions des algues selon les conditions naturelles, poursuit Alain Lefèbvre. Nous sommes situés entre les embouchures de la Seine et du Rhin où les apports en sels nutritifs sont importants. Nous constatons ainsi la diffusion des sels le long des côtes, à distance des émissaires où les concentrations de polluants sont trop importantes pour obtenir de bons résultats ». Le plancton, phaeocystis, est un indicateur de l'état du milieu. L'augmentation de la population de cette algue, très sensible, est corrélée aux variations des teneurs en nitrate dans l'eau. Ce suvi entre dans le cadre de la Convention internationale Oslo-Paris (Ospar) pour la protection du milieu marin de l'Atlantique nord. Les pays riverains se sont engagés en 1987 à réduire de moitié leur apport en nitrate et phosphate dans cette mer, un objectif qui n'est toujours pas atteint aujourd'hui. Selon l'Ifen (données de l'environnement n°72, janvier 2002), les fleuves français déversent dans la Manche 125.000 tonnes de nitrate et 11.942 tonnes de phosphore par an, et en Mer du Nord 6600 tonnes de nitrate et 500 tonnes de phosphore. Les teneurs en phosphore ont tendance à diminuer mais celles en nitrate sont toujours en hausse.


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