L’Ifremer cartographie les coraux profonds de l'Atlantique

Le 18 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Une équipe de scientifiques européens vient de passer un mois en mer avec pour mission de recenser et cartographier les coraux profonds du golfe de Gascogne et de l'ouest de l'Irlande. Ces écosystèmes importants de la vie sous-marine sont, en effet, fragilisés par l'acidification des océans et la pêche profonde.

La campagne, nommée BobEco, qui s’est déroulée du 9 septembre au 11 octobre dans le cadre du programme européen CoralFish, avait pour but de définir des zones stratégiques qui devront, au moins partiellement, bénéficier de mesures de protection. Et s'ils sont mal connus en France, les coraux profonds font l’objet d’études depuis plus de 10 ans en Irlande. D’ailleurs, dans ce pays, certains récifs sont protégés.

Au total, une quarantaine de scientifiques de 9 nationalités différentes ont donc embarqué à bord d'un navire équipé d'un robot permettant d'aller explorer les grands fonds.

Pour la partie française, 10 canyons ont été explorés. Et pour 4 d’entre eux -les canyons dits de Douarnenez, Crozon, Petite Sole et Sorlingues- aucune observation n'avait été rapportée à ce jour.

«Ces observations fourniront des données et indicateurs nécessaires à la mise en place de mesures de gestion et de protection de ces habitats vulnérables, comme le classement de zones en aires marines protégées», souligne aujourd’hui 18 octobre l'Ifremer en présentant le bilan de cette campagne.

En effet, en dépit de leur éloignement des côtes, les coraux profonds, aussi appelés coraux d'eau froide car se développant dans une température comprise entre 2 et 14°C, sont aujourd'hui menacés: victimes de la pêche profonde, abîmés par les chaluts, victimes aussi de l'exploitation pétrolière et de l'acidification des océans, liée aux émissions croissantes de CO2.

«On partait d'une connaissance très imparfaite des coraux dans le golfe de Gascogne. On savait qu'il y en avait, mais on savait peu où ils étaient localisés», indique la biologiste Sophie Arnaud, chef de mission, notant que la connaissance reste très fragmentaire malgré ces découvertes.

«On s'intéresse à ces écosystèmes car les coraux constituent un habitat pour un grand nombre d'invertébrés, de type oursins, éponges, crustacés, jusqu'aux poissons. Un grand nombre de poissons des profondeurs semblent associés à ces structures comme l'empereur, la baudroie et la lingue», ajoute-t-elle.

«Ils représentent un intérêt patrimonial, éco-systémique et vis-à-vis de l'halieutique», précise la scientifique de l'Ifremer à Brest, ajoutant que les récifs coralliens observés lors de cette campagne se situaient tous entre 700 et 1.200 mètres de profondeur.



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