L’IA turbine pour observer l’artificialisation des sols

Le 19 juillet 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La vallée du Rhône dans l'oeil de Spot 6
La vallée du Rhône dans l'oeil de Spot 6

Prévu par le plan biodiversité, l’Observatoire national de l’artificialisation des sols (ONAS) a été lancé le 9 juillet. Il sera notamment alimenté par les données satellitaires analysées par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) grâce à des algorithmes informatiques.

L’intelligence artificielle pour mieux observer l’artificialisation des sols. C’est la mission d’Irstea, l’un des trois établissements publics associés à l’Observatoire national de l’artificialisation des sols. L’institut doit fournir des données satellitaires sur l’occupation des sols, en complément des données aériennes de l’IGN[1] et des informations foncières recueillies par le Cerema[2]. Des données précieuses alors qu’aucun chiffre n’est actuellement harmonisé au plan national. Selon les bases de données (ministère de l’agriculture, base Corine Land Cover de l’Union européenne, IGN, fichiers fonciers), les résultats peuvent varier de 1 à 10 puisqu’ils caractérisent des objets différents (terres agricoles, propriétés foncières, etc).

 

Images Spot 6 et 7

«Nous travaillons à partir des images fournies par les satellites Spot 6 et 7 depuis 2014. Ce qui nous offre une résolution d’1,5 mètre en noir et blanc et de 5 m en couleurs», explique au JDLE Eric Barbe, directeur adjoint de l’unité mixte Tetis[3] à Irstea. Objectif: préciser l’automatisation des traitements d’images pour gagner du temps.

 

Course contre la montre

«Grâce à l’intelligence artificielle, nous obtenons des résultats très pertinents et plus précis sans intervention humaine. Par exemple, il est possible d’identifier tout le bâti présent dans la région Occitanie en 10 jours, contre 25 jours auparavant», précise le chercheur. Aucune donnée n’est encore disponible sur le site internet de l’observatoire. L’équipe d’Irstea a 12 mois pour affiner les résultats qu’il sera possible d’obtenir en temps réduit.

 

Etat des lieux en septembre

Les données du Cerema, élaborées à partir des fichiers fonciers de la DGFIP[4] entre 2009 et 2017, sont en revanche déjà disponibles. «L’observatoire a pour intérêt principal de proposer une information harmonisée à l’échelle nationale sur l’occupation des sols et à pouvoir la diffuser largement. Dans un second temps, des indicateurs seront développés», explique Eric Barbe. Selon l’action 7 du plan biodiversité de juillet 2018, le gouvernement s’engage à publier, tous les ans, un état des lieux de la consommation d’espaces et met à disposition des territoires des données harmonisées à l’échelle nationale. Le premier état des lieux est attendu fin septembre. Et les premiers échos montrent que l’artificialisation des sols, qui avait légèrement baissé, repart à la hausse en France.

 

  



[1] Institut national de l’information géographique et forestière

[2] Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

[3] Territoires, environnement, télédétection et information spatiale

[4] Direction générale des finances publiques



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus