L’hygiène et la sécurité dans les universités

Le 29 mars 2006 par Claire Avignon
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chimie 3
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De nombreuses actions ont été menées depuis une dizaine d’années pour diminuer les risques en hygiène et sécurité dans les établissements supérieurs. Mais l’explosion de l’école de chimie de Mulhouse le 24 mars, qui a fait un mort et un blessé grave, montre que le «risque zéro» n’existe pas dans le domaine de la chimie.

C'est en 1982, par décret (1), que la réglementation a pour la première fois imposé la mise en place d'une prévention en hygiène et sécurité au sein de la fonction publique, et donc des établissements d'enseignement supérieur. «Mais, pour ces derniers, la publication de ce texte n'avait pas été suivie d'effet, explique Vincent Conrad, secrétaire de GP'Sup, le groupement national pour la prévention des risques professionnels dans l'enseignement supérieur. C'est seulement après sa modification, en 1995 (2), que les présidents des universités et des écoles d'ingénieurs ont créé un poste d'ingénieur en hygiène et sécurité.» Au même moment (3) a été rendue obligatoire la création des comités en hygiène et sécurité dans ces mêmes établissements.

Depuis, le dispositif a été renforcé par la création du document unique sur l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. «Cela a permis de travailler de manière plus approfondie sur la recherche des risques, explique Vincent Conrad qui est aussi ingénieur en prévention des risques à l'université de Reims. Même s'il reste des écarts entre les prescriptions réglementaires et la réalité du terrain, de gros progrès ont été réalisés, notamment en matière de sécurité contre les incendies et de formation du personnel.» Pour cela, de nombreux documents de sensibilisation ont été publiés. Ainsi, en 2003, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a sorti un document, qui fait désormais référence, sur la prévention des risques professionnels dans les laboratoires d'enseignement en chimie.

Désormais, la politique en santé et sécurité dans les universités est même contrôlée par l'inspection hygiène et sécurité dans les établissements d'enseignement supérieur et de la recherche. Cette administration, en fonctionnement depuis environ 2 ans, est composée à l'heure actuelle de 5 inspecteurs. «Pour le moment, nous ne pouvons pas encore faire de bilan de l'inspection qui est trop récente, estime Vincent Conrad. Nous espérons que l'effectif augmente dans les années à venir.»

La mise en place de ce système n'a pas empêché l'accident dans l'école de Mulhouse. «On ne peut pas éviter la manipulation des produits dangereux, surtout dans le supérieur, constate Jean-Marie Schleret, président de l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur. Mais nous allons faire un débriefing pour savoir si les protocoles de sécurité doivent être améliorés.» De son côté, le secrétaire de GP'Sup tire des leçons de la gestion de crise, une réussite, attendant les résultats de l'enquête pour s'exprimer sur l'accident en lui-même. Quant au ministère chargé de l'enseignement supérieur, il ne s'est pas encore exprimé sur les conséquences de l'accident.



(1) Décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique

(2) Décret modificatif du 9 mai 1995

(3) Décret du 24 avril 1995 relatif aux comités d'hygiène et de sécurité dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur




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