L’hydrolien français: un naufrage annoncé?

Le 30 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'hydrolienne de GE ne verra plus la mer.
L'hydrolienne de GE ne verra plus la mer.
VLDT

Naval Group supprime 100 emplois dans sa filiale Renouvelable.

La France est-elle de nouveau en train de sacrifier une filière industrielle prometteuse? Possible, au vu des derniers épisodes du feuilleton hydrolien. Ce jeudi 30 novembre 2017, Naval Group a confirmé vouloir sensiblement réduire la voilure de cette activité. Dans un entretien accordé à l’AFP, Laurent Schneider-Maunoury, nouveau directeur de Naval Energie, annonce la suppression de 100 des 260 postes de la filiale Renouvelables de l’ex-DNCS.

Evaluation de la filière

Envisagée depuis plusieurs semaines, cette décision est tombée suite aux non-annonces du gouvernement lors des dernières assises de l’économie de la mer, la semaine passée. Depuis des mois, les professionnels attendaient le lancement officiel d’appel d’offres pour la construction de fermes hydroliennes de taille commerciale. Au lieu de cela, le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot avait indiqué vouloir faire évaluer cette technologie, jugée moins mâture que l'éolien marin.

Usine sans commande nouvelle

Naval Energie prévoit toujours d’inaugurer, au printemps prochain, son usine d’assemblage de Cherbourg. Reste à savoir ce que l’on y produira. EDF n’a toujours pas passé de commande ferme pour les 7 machines que l’électricien doit, en principe, installer dans le raz Blanchard, dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé en 2013 par l’Ademe[1]. Pour le reste, Naval Energie ne dispose que d’une seule commande ferme: une machine destinée au Japon. Difficile dans pareilles conditions de maintenir très longtemps à flot un atelier taillé pour livrer 25 machines par an.

Ce coup de tabac pour les salariés de Naval Energie intervient 10 mois après que General Electric (ex-Alstom Power) a stoppé toutes ses machines hydroliennes, préférant se concentrer sur l’éolien posé et flottant. Engie, qui était destinataire de ces machines, a depuis abandonné toute prétention dans le domaine hydrolien.

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit la mise en service de 100 mégawatts (MW) d’ici 2023. Peu probable désormais que cet objectif de la loi sur la transition énergétique soit jamais atteint.



[1] Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

 



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