L'hydroélectricité et la loi sur l'eau

Le 16 mars 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Réagissant à la présentation du projet de loi sur l'eau, le Groupement des producteurs autonomes d'énergie hydroélectrique (GPAE) a estimé que le gouvernement doit améliorer certaines dispositions sur les débits réservés des rivières.

Selon Henri Naacke, président du GPAE, «la loi sur l'eau est quasi entièrement orientée vers l'écologie des milieux aquatiques. Nous souhaitons que les législateurs prennent en compte la lutte contre l'effet de serre.» En effet, l'hydroélectricité est l'une des énergies renouvelables qui peut être développée pour atteindre avant 2010 les 21% d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables. Actuellement, la production annuelle d'hydroélectricité s'élève en moyenne à 70 terrawatts-heure (TWh), soit 13% de la production nationale. Les producteurs indépendants représentent environ 10% de cette production avec 7,5 TWh. Mais leur potentiel de développement apparaît important: 2 TWh grâce à l'amélioration de l'existant, 2 TWh avec l'installation de 18 petites centrales de 30 MWh, 2 TWh avec 8 micro-centrales de 1 MWh par département, et 1 MWh avec la réhabilitation de 30.000 moulins sur les 100.000 construits au XIXe siècle.

Malgré une certaine maturité technique et économique de la filière par rapport aux autres énergies renouvelables (photovoltaïque et éolien entre autres), l'hydroélectricité a besoin du soutien des pouvoirs publics. C'est pourquoi le GPAE demande des aménagements dans le projet de loi sur l'eau. «La loi sur la pêche de 1984 a établi un débit réservé (1) qui équivaut à 10% du débit total du cours d'eau, explique Ghislain Weisrock, vice-président de ledu GPAE. Seulement, avec les progrès scientifiques effectués depuis 20 ans, on peut savoir aujourd'hui au cas par cas quels doivent être les débits réservés. Il faudrait que la loi sur l'eau intègre de la souplesse.» Le même type de demande est formulé sur les "«rivières réservées»", ces tronçons de cours d'eau sur lesquels aucune captation d'eau n'est autorisée. «L'aménagement d'installations hydrauliques est compatible avec un haut niveau de protection de l'environnement », assure Ghislain Weisrock. Dernier point: la loi sur l'eau devrait limiter les éclusées pour protéger les grands migrateurs. Mais Ghislain Weisrock estime que ces systèmes permettent de faire face aux périodes de pointe de demande d'électricité beaucoup plus rapidement (de l'ordre de quelques minutes) que les centrales thermiques (environ 12 heures) ou nucléaires (environ 24 heures): «L'hydroélectricité permet d'économiser environ 1 million de tonnes de CO2 par rapport à l'énergie thermique», estime l'expert. En outre, le GPAE a demandé un allègement des procédures administratives dans la loi d'orientation sur l'énergie.



(1): un débit réservé est un débit du cours d'eau permettant de maintenir la vie aquatique du cours d'eau.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus