L’humour pour concilier qualité de l’air et chauffage au bois

Le 03 janvier 2014 par Marine Jobert
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Les flambées en foyer ouvert interdites en 2015 à Paris.
Les flambées en foyer ouvert interdites en 2015 à Paris.
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«On a longtemps pensé que le ciel nous tomberait sur la tête (…) Aujourd’hui, certains pensent encore que le chauffage au bois est forcément bon pour l’environnement.» C’est avec des clips humoristiques qu’Air Rhône-Alpes, chargé de la surveillance de la qualité de l’air dans la région, et l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe) viennent de lancer une campagne d’information pour tenter de concilier qualité de l’air et chauffage individuel au bois. «De l’air dans nos idées reçues» se déclinent en 4 saynètes drolatiques qui viennent rappeler que la combustion de bois de chauffage ou le brulage des feuilles dans le jardin ne sont pas des gestes écologiques. Pire, ils contribuent significativement à l’augmentation des concentrations de particules fines dans l’air.

 

«Par exemple, brûler 50 kg de végétaux émet autant de particules qu’une voiture diesel récente qui parcourt 6.000 km», explique un des spots consacré aux déchets végétaux. Même constat, peu connu du grand public, sur le chauffage à bois, qui contribue à hauteur de 70% des émissions de PM 10 et 2,5 les jours de grand froid. Sans réfréner les flambées, Air Rhône-Alpes désigne les appareils anciens, les foyers ouverts, le bois humide ou souillé comme les principaux responsables des émissions. L’Ademe a édité un guide des bonnes pratiques; des conseils indispensables, puisque de plus en plus de Français optent pour la bûche. Selon une étude de l’Ademe publiée en octobre 2013, ce sont désormais 7,4 millions de ménages qui se chauffent tout ou partie au bois, contre 5,9 millions en 2000.

 

A défaut de pouvoir contrer un phénomène qui va de pair avec la précarisation des ménages, les autorités de surveillance tentent d’informer, d’alerter et d’éduquer les particuliers quant aux conséquences sanitaires des feux de cheminées mal utilisés. Car les effets sont réels. Selon Airparif, le bois est le contributeur majoritaire aux émissions du secteur résidentiel[1]. «Bien qu'il ne représente que 5% des consommations de combustible de ce secteur en Ile-de-France, il serait à l'origine de 90% des émissions de particules (PM10 et PM2.5) et de plus de 88% des émissions d'hydrocarbures du chauffage résidentiel.» Des constats qui ont incité les autorités franciliennes à interdire, à horizon 2015, les feux de cheminées à foyer ouvert. Les communes rurales de la grande couronne ont déjà obtenu d’être exemptées de la mesure, ce qui va considérablement diminuer l’impact de la mesure. La mesure ne concernerait donc plus que 125.000 cheminées, essentiellement utilisées comme chauffage d’appoint ou d’agrément. La consommation du bois en chauffage principal est déjà interdite à Paris bien qu’en 2005, près de 10.000 logements déclaraient encore le bois comme source d'énergie principale.

 



[1] Avec le secteur tertiaire, le secteur résidentiel contribue pour 29% des émissions de particules PM10 émises en Ile-de-France, 39% des particules fines PM2,5, 30% des émissions d'hydrocarbures (COVNM) et à plus de 42% des rejets de gaz à effet de serre

 

 



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