L’humanité et les changements climatiques érodent la biodiversité

Le 10 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les études sur l’état de la biodiversité mondiale se suivent et leurs résultats se ressemblent. Le 30 avril dernier, Science publiait un long article faisant le point sur l’évolution de la diversité biologique au cours des quatre dernières décennies. Ses conclusions étaient alarmantes. Et l’actualité ne s’annonce pas meilleure. Le secrétariat de la convention de l’ONU sur la diversité biologique (SCDB) vient de rendre public son état des lieux, le troisième du genre. Son Global Biodiversity Outlook 3 (Perspectives mondiales de la diversité biologique 3) reprend les grandes conclusions de la plupart des grandes études sur le sujet. « De multiples signes indiquent que le déclin de la diversité biologique se poursuit et ce, au niveau de chacune de ses trois principales composantes : les gènes, les espèces et les écosystèmes », indique le rapport.

 En moyenne, l’abondance des espèces de vertébrés dont les populations ont été évaluées a chuté de près d’un tiers, entre 1970 et 2006, et elle continue de baisser à l’échelle mondiale, avec des déclins particulièrement importants dans les régions tropicales et parmi les espèces dulcicoles. Les cinq principales pressions contribuant directement à l’érosion de la biodiversité biologique (modification des habitats, surexploitation, pollution, espèces exotiques envahissantes et changements climatiques) sont restées constantes ou ont vu leur intensité augmenter.

 A terme, les conséquences de cette érosion biologique ne seront pas seulement environnementales. La fourniture d’aliments, de fibres, de médicaments et d’eau douce, la pollinisation des cultures, la filtration des polluants et la protection contre les catastrophes naturelles (glissement de terrain, par exemple) figurent parmi les services écosystémiques potentiellement menacés par le déclin et la modification de la diversité biologique.

 Jusqu’à présent, les activités anthropiques étaient la cause principale de l’érosion biologique. Désormais, il faut aussi compter avec les conséquences des changements climatiques. « La modification de l’abondance et de la répartition des espèces peut avoir des conséquences graves pour les sociétés humaines. On estime que la répartition géographique des espèces et des différents types de végétation pourrait être radicalement modifiée du fait des changements climatiques, aboutissant à des déplacements de plusieurs centaines voire milliers de kilomètres en direction des pôles, d’ici à la fin du 21e siècle. Les migrations d’espèces marines vers des eaux plus froides pourraient rendre les mers tropicales moins diversifiées, tandis que les forêts boréales et tempérées seraient confrontées à un dépérissement généralisé sur la bordure méridionale de leur zone de répartition actuelle ; ceci pourrait avoir des conséquences sur la pêche, la production de bois, les opportunités de loisir et d’autres services. » Se conjuguant avec l’accroissement des températures, l’acidification des océans va contribuer à la disparition d’écosystèmes entiers, tels les récifs coralliens. Ce qui pourrait entraîner le déclin de populations de poissons et menacer la sécurité alimentaire de populations de nombreux pays.

 La situation est-elle désespérée ? Non, mais il faut agir vite, fort et global. D’abord, en stoppant les subventions aux secteurs ne gérant pas de façon durable leurs ressources (agriculture, énergie, notamment). Ensuite, en planifiant l’utilisation des sols, des eaux continentales et des ressources marines. Les auteurs insistent, enfin, sur la nécessité de mettre en oeuvre une réelle volonté politique et économique de sauvegarderla biodiversité. Publiéele 15 novembre dernier, l’étude Teeb ( The Economics of Ecosystem and Biodiversity, Teeb) rappelait qu’investir 45 milliards par an dans le développement des zones protégées sur terre et en mer permettrait d'assurer des bénéfices de l'ordre de 4 à 5.000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d'années.



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