L’humanité en plein effondrement écologique, selon un think tank britannique

Le 14 février 2019 par Romain Loury
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30% des sols cultivables sont devenus improductifs
30% des sols cultivables sont devenus improductifs

Climat, biodiversité, érosion des sols… les conséquences sociales et économiques seront lourdes, très lourdes, prévient l’Institute for Public Policy Research (IPPR) dans un rapport publié mardi 12 février. Malgré d’innombrables signaux alarmants, les décideurs politiques semblent toujours aussi sourds.

Pour le think tank britannique, proche du parti travailliste, le doute n’est plus permis: l’humanité est résolument rentrée dans l’«âge de l’effondrement environnemental». Les preuves abondent, tout d’abord en termes climatiques: les 20 années les plus chaudes enregistrées depuis 1850 sont survenues au cours des 22 dernières années. Conséquence, le rythme des inondations a été multiplié par 15 depuis 1950, celui des vagues de chaleur par 20.

Biodiversité et sols en pleine débandade

Quant à la biodiversité, elle est en chute libre. Les vertébrés ont vu leurs effectifs mondiaux chuter de 60% depuis les années 1970, et les extinctions d espèces s’enchaînent à un rythme de 100 à 1.000 fois plus élevé que le niveau de fond lié à la simple évolution. Même les insectes, l’une des bases de nos écosystèmes, ne sont pas épargnés, avec 41% d’espèces connaissant un déclin, a révélé une récente étude.

Menace directe pour notre sécurité alimentaire, l’érosion des sols atteint un niveau critique. Leur couche de surface est éliminée 10 à 40 fois plus vite qu’elle n’est régénérée, et on estime que 30% des sols cultivables sont devenus improductifs depuis le milieu du milieu du 20ème siècle. Plus de 75% des terres mondiales sont désormais dégradées, 95% pourraient l’être en 2050.

Une chute «sans précédent»

Pour les experts de l’IPPR, «les conséquences de cet effondrement environnemental pour les sociétés et l’économie sont sans précédent, que ce soit en termes d’échelle, de vitesse, de sévérité ou de complexité». Pourtant, la réalité de ce nouveau «domaine de risque» peine à faire son chemin dans l’esprit de nos décideurs politiques -y compris chez ceux qui ne s’appellent pas Donald Trump ou Jair Bolsonaro.

En cause, leur incapacité à appréhender ces problèmes autrement que de manière isolée. Or c’est bien l’interaction de ces divers risques qui pourrait conduire le monde au chaos, en plongeant de larges franges de l’humanité dans la famine, les migrations et les conflits, soulignent les experts.

«Dans le pire des cas, cet effondrement environnemental pourrait déclencher une chute catastrophique des systèmes humains, par un processus rapide de chocs économiques, sociaux et politiques survenant en cascade –de la même manière que ce qui est survenu au cours de la crise financière mondiale de 2007-08», prévoit l’IPPR, qui appelle à une «transformation», aussi bien sociale qu’économique, de nos sociétés.



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