L’Hôtel de Roquelaure de nouveau vacant

Le 16 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'écologie de Rugy ne restera pas dans les mémoires.
L'écologie de Rugy ne restera pas dans les mémoires.

 

Au cœur d’une polémique médiatique, François de Rugy a présenté sa démission, ce mardi 16 juillet. En 10 mois de ministère, l’ancien député écologiste n’a pas dynamisé la politique environnementale tricolore.

Le ministère chargé de l’environnement reste celui de l’impossible, pour reprendre la phrase chère à Robert Poujade, premier titulaire du portefeuille vert. Impossible, en tout cas, d’y faire long feu. Depuis 10 ans, aucun locataire de l’Hôtel de Roquelaure n’a prolongé son séjour plus de 2 ans, à l’exception de Ségolène Royal. Le record de brièveté étant toujours détenu par Alain Juppé: 4 semaines au compteur.

La malédiction a de nouveau frappé. Ce mardi 16 juillet, en début d’après-midi, François de Rugy a annoncé, sur sa page Facebook, avoir présenté sa démission au premier ministre, qui l’a acceptée. Le successeur de Nicolas Hulot n’aura tenu que 10 mois et 12 jours. Sa décision peut surprendre.

Suspicion

Toujours sous le coup des informations distillées par Médiapart, l’ex-ministre d’Etat avait exclu, ce week-end encore, de démissionner. Ces dernières heures, le président de la république avait «demandé au Premier ministre d'apporter toute la clarté» sur cette affaire afin de prendre des décisions sur la base «de faits». Stanislas Guerini, délégué général de LREM avait, de son côté, critiqué le «tribunal médiatique» qui «cloue au pilori» un politique sur «une photo, un article plein de suspicion».

François de Rugy est au cœur d'une polémique sur des dîners fastueux organisés quand il présidait l'Assemblée nationale, l'utilisation indue de son indemnité représentative de frais de mandat, le montant des travaux dans son logement de fonction au ministère et sur un logement près de Nantes.

Au moment de sa démission, Médiapart s'apprêtait à publier une nouvelle enquête sur l'utilisation de ses frais professionnels en tant que député. «Nos questions lui ont été envoyées hier (lundi), nous attendions ses réponses pour 14 h, et ce sera l'annonce de sa démission. Notre enquête révèle les détournements de ses frais de député», affirme Edwy Plenel, cofondateur du site d’investigation, sur Twitter.

Contacté par France Info, l'avocat de François de Rugy, Pierre-Olivier Sur, confirme qu'une plainte pénale pour diffamation a été déposée contre Médiapart.

lâché

Le ministre a démissionné le jour où il devait défendre au Sénat le projet de loi énergie et climat. Il a été remplacé dans l'hémicycle au Palais du Luxembourg par sa secrétaire d'Etat, Emmanuelle Wargon.

Certains membres de la majorité, comme le président de l'Assemblée Richard Ferrand, avaient pris sa défense. Le chef des députés LREM Gilles le Gendre a toutefois salué une démission présentée «aussi pour protéger notre majorité». Son homologue au Sénat François Patriat l'a qualifiée «de bon sens, même s'il y a une forme d'injustice». On a rêvé soutiens plus motivés.

Dans l'opposition, le député LR Damien Abad s'est félicité de «la clarté» de sa démission mais a souhaité ne «pas couper des têtes».
 «Le comportement qu'il a eu, a beaucoup choqué, au moment où il appartient (...) à un gouvernement qui demande aux Français et aux Françaises de se serrer la ceinture constamment», a estimé Mathilde Panot, vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée.

Emmanuel Macron a dit respecter la «décision personnelle» du ministre, «pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement», a affirmé l'Elysée à l'AFP.

petits pas

S’étant présenté comme un partisan de la «politique des petits pas», François de Rugy laissera un bilan quasi nul. Le projet de loi énergie-climat apporte (pour le moment) peu de choses nouvelles par rapport à ce qu’annonçait Nicolas Hulot avant sa démission fracassante.

Les projets de lois Mobilités et économie circulaire ont été portés non par lui mais par Elisabeth Borne (la ministre déléguée aux transports) et Brune Poirson, l’une des secrétaires d’Etat. C’est également la sous-ministre à la double nationalité (française et américaine) qui a suivi les négociations internationales sur le changement climatique.

Sous son ministère, le climat aura été un sujet maltraité. En mars, la France a été traînée en justice par un collectif d’ONG pour laxisme climatique. Plus récemment, le haut conseil pour le climat a fustigé la faiblesse de la politique climatique tricolore.

Présenté au début du mois, le plan biodiversité ne laissera pas d’inoubliables souvenirs aux protecteurs de la nature. Lancé en juillet 2018, il se résume principalement par un renforcement du réseau d’aires protégées terrestres et marines.

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