L’horizon s’obscurcit pour le nucléaire britannique

Le 17 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Verra-t-on jamais un réacteur AP1000 en Angleterre ?
Verra-t-on jamais un réacteur AP1000 en Angleterre ?
Westinghouse

Londres veut réduire la rentabilité des prochaines centrales nucléaires du royaume.

 

Coup de tonnerre sur le secteur électrique, outre-Manche. Depuis le début de semaine, Toshiba n’en finit plus de ne pas pouvoir évaluer ses résultats pour 2016. En cause: de possibles malversations qu’aurait commises Westinghouse, sa filiale nucléaire américaine. Le groupe devrait déprécier ses activités nucléaires pour près de 6 milliards de dollars (5,6 Md€). Réponse logique du marché: le cours des actions du conglomérat japonais n’en finissent plus de décrocher. Ce qui pourrait bouleverser la stratégie d’investissement de l’entreprise.

Trois AP 1000

Le premier projet à faire les frais de cette restructuration annoncée est NuGen. En partenariat avec Engie, Toshiba prévoit de construire trois réacteurs Westinghouse AP1000 à Moorside (Royaume-Uni), au bord de la mer d’Irlande. Coût estimé de la centrale nippo-française de 3,8 gigawatts électriques (GWe): 10 milliards de livres (11,7 Md€).

Ses ennuis boursiers ne sont pas les seuls à faire hésiter Toshiba. Le gouvernement de Theresa May n’entend certes pas mettre un penny dans la construction de centrales nucléaires privées, mais veut aussi réduire le coût de l’électricité qui sera produite par les futures centrales nucléaires britanniques.

Deal à Hinkley Point

En conclusion, ont indiqué de hauts fonctionnaires récemment interviewés par le Financial Time, pas question de conclure de contrat aux conditions décrochées par le groupe EDF pour la réalisation des deux EPR de Hinkley Point C.

Londres ne revient pas sur le fait de garantir un prix pendant plusieurs décennies, mais sur le niveau de ce prix. Pour financer les deux tranches de Hinkley Point C, EDF Energy avait obtenu de pouvoir, 35 années durant, vendre son mégawattheure (MWh) à plus de 92 £ (130 €). Les concurrents d’EDF ne doivent plus espérer pouvoir conclure un tel deal, à moins de réduire leurs prétentions, lesquelles devront osciller entre 70 et 85 £/MWh (82, à 99,7 €). De quoi doucher les espoirs de Toshiba.

La Chine arrive

Et de son concurrent japonais Hitachi. L’autre grand conglomérat nippon projette, via sa filiale Horizon, de bâtir au Japon deux réacteurs à eau bouillante qui seraient ensuite installés à Wylfa, dans le Pays de Galles.

EDF a encore de nombreux projets outre-Manche. Avec son partenaire CGN, l’énergéticien français planifie la construction de deux autres EPR, à Bradwell. En contrepartie du financement du tiers des EPR de Hinkley Point, CGN doit en principe ériger deux réacteurs chinois Hualong 1, à Sizewell.

Pour atteindre ses objectifs climatiques et sécuriser son approvisionnement électrique, le Royaume prévoit la mise en service de 14 GWe nucléaires d’ici 2035. Avec les nouvelles exigences financières de l’administration May et les secousses financières subies par le groupe Toshiba-Westinghouse, il n’est pas certain qu’un tel but puisse être atteint.



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