L’homme rend les chimpanzés malades

Le 13 mars 2015 par Romain Loury
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Gombe a perdu un tiers de ses chimpanzés en 20 ans
Gombe a perdu un tiers de ses chimpanzés en 20 ans
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Ebola, grippe, VIH/sida… autant de maladies que l’humanité doit aux animaux. Or ceux-ci peuvent aussi tomber malades d’un contact trop étroit avec l’homme, au risque de compromettre la survie d’une espèce. Dans PLoS Neglected Tropical Diseases, une équipe américaine y voit la raison du déclin des chimpanzés du parc tanzanien de Gombe Stream.

Etudiés depuis les années 1960 par la primatologue britannique Jane Goodall, les chimpanzés du parc national de Gombe Stream, au nord-ouest de la Tanzanie, sont passés, en 20 ans, de 150 à 100. Pour l’équipe de Thomas Gillespie, de l’Emory University d’Atlanta (Géorgie), ce rapide déclin, difficilement explicable dans un lieu protégé depuis 1968, pourrait être lié à une maladie infectieuse d’origine humaine, la cryptosporidiose.

Responsable de diarrhées parfois sévères, le parasite Cryptosporidium est particulièrement fréquent en Afrique, où il constitue une menace pour les personnes infectées par le virus du sida, le VIH. Or les chimpanzés souffrent eux-mêmes fréquemment du SIV, ancêtre du VIH, qui les rend aussi plus vulnérables à ce genre de maladie opportuniste –terme désignant une maladie profitant d’un affaiblissement immunitaire.

21% de chimpanzés infectés

Etudiant la présence de Cryptosporidium dans des excréments humains et animaux (primates, chèvres, moutons et chiens), les chercheurs révèlent une probable transmission de l’homme à son cousin. Parmi les 21% de chimpanzés infectés, les chercheurs ont retrouvé la souche hominis dan la moitié des cas. Les autres étaient infectés par la touche suis, typique des cochons sauvages qui résident dans la forêt, mais parfois retrouvé chez l’homme.

Selon l’équipe, le chimpanzé s’infecterait au contact des excréments humains et des eaux usées, en allant s’alimenter dans les champs. Même situation pour les babouins, qui n’hésitent pas à pénétrer dans les maisons et à fouiller dans les ordures: 11% d’entre eux étaient infectés par le Cryptosporidium.

«Lorsqu’il s’agit de protéger des espèces menacées, nous concentrons le plus souvent nos efforts sur le protection de l’habitat et la lutte contre la chasse. Mais les maladies constituent aussi un problème pour la préservation des espèces, c’est un sujet assez nouveau. Nos résultats montrent que si nous voulons protéger cette espèce, nous devons aussi nous attaquer au problème des maladies infectieuses», explique Thomas Gillespie.



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