L’homme qui n’était pas fait pour la politique

Le 28 août 2018 par Stéphanie Senet
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Jusqu'en mai 2017, Nicolas Hulot affirmait qu'il n'était pas fait pour la politique telle qu'elle se pratique
Jusqu'en mai 2017, Nicolas Hulot affirmait qu'il n'était pas fait pour la politique telle qu'elle se pratique

Nicolas Hulot affichait un profil assurément atypique à l’Hôtel de Roquelaure.

 

Le sexagénaire né à Lille, qui chérissait son indépendance comme «son plus grand trésor», a évidemment eu quelques difficultés à endosser son costume de ministre de la transition écologique et solidaire. Sa première fonction réellement politique, après le poste «d’envoyé spécial pour la planète» occupé auprès de François Hollande. Une fonction qui aura duré un an et trois mois.

 

9 ans à France Inter, 20 ans à TF1

Le passionné de kite-surf avait commencé sa carrière en 1975, en tant que photographe au sein de l’agence Sipa. Il couvrira notamment l’affaire du baron Empain. A partir de 1978, il démarre son parcours de journaliste-animateur-producteur au sein de France Inter, l’antenne à laquelle il a réservé l’annonce de sa démission. Il y a travaillé pendant 9 ans, au sein de différentes émissions comme «Ca va le boulot», «Les fêlés», «Le brunch des aventuriers» et «Antipodes». Mais c’est à TF1 que sa cote de popularité décolle, avec l’émission «Ushuaïa, le magazine de l’extrême», devenue «Ushuaïa nature», qu’il produit et présente pendant 20 ans, de 1987 à 1995 et de 1998 à 2011.

 

Naissance d’un Pacte

En parallèle, il concrétise son engagement associatif au sein de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, créée en 1990, et rebaptisée Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH). Avec l’aide de scientifiques (Alain Grandjean) et d’experts (Dominique Bourg), il y formule ses idées en faveur de la protection de l’environnement, qui seront publiées en 2006, dans son Pacte écologique, repris par 5 des 12 candidats à la présidentielle de 2007, dont Nicolas Sarkozy.

 

«Pas fait pour la politique»

Décrit par le président Macron comme «un inquiet, qui n’est jamais satisfait», Nicolas Hulot avait refusé le rôle de ministre de l’environnement à maintes reprises, sous les présidences Chirac, Sarkozy, et Hollande. Celui qui aimait répéter, avant de rejoindre l’équipe d’Edouard Philippe, qu’il n’était «pas fait pour la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui», a, il est vrai, été échaudé par son échec aux élections primaires d’EELV, en 2011, face à Eva Joly. «La sphère politique est un monde où les violences et les tensions sont énormes», confiait-il. Il s’est alors réfugié pendant 5 ans dans sa maison bretonne de Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine), avant d’accepter le poste d’envoyé spécial pour la planète auprès du président Hollande de 2012 à 2016. Il contribua, à ce titre, à la réussite de la COP 21.

 

Et maintenant?

Le ministre partant a écarté toute suite politique. «Ne me voyez aucune ambition politique. C’est terminé», a-t-il répondu aux journalistes de France Inter, Nicolas Demorand et Léa Salamé. Retour aux sources bretonnes? médiatiques? associatives? Pour l’heure, silence radio. «Je vais m’astreindre à prendre de la distance et à observer un certain silence», a-t-il déclaré. Une façon d’expier? «J’ai conscience, par rapport à des gens pour lesquels j’ai beaucoup d’amitié, que ce que je viens de leur faire n’est pas forcément un geste amical.» Mais la planète reste sa terre d’exil. «Pour l’écologie, je peux influer, proposer, rassembler», a-t-il conclu. Trouvera-t-il encore un public?

 

Les vacances de Monsieur Hulot / Le titre du film de Jacques Tati est un clin d’œil au grand-père de Nicolas Hulot, architecte de l’immeuble dans lequel vivait le cinéaste, rue de Penthièvre, dans le VIIIe arrondissement parisien. L’anecdote a été racontée en 2005 dans l’Express par le ministre démissionnaire.


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