L’homme nuit aussi à la biodiversité intraspécifique

Le 30 septembre 2016 par Romain Loury
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Un bouclier contre les changements environnementaux
Un bouclier contre les changements environnementaux
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C’est un fait entendu: plus la densité humaine s’élève, plus le nombre d’espèces diminue. Or selon une étude danoise publiée jeudi 29 septembre dans la revue Science, l’homme aurait aussi un impact négatif sur la biodiversité intraspécifique, à savoir la variété génétique au sein des espèces.

C’est un aspect peu exploré de la biodiversité sur lequel Andreia Miraldo, du Muséum d’histoire naturelle du Danemark (Copenhague), et ses collègues se sont penchés: la biodiversité intraspécifique, à savoir la variété génétique au sein d’une espèce. Pour cela, ils ont analysé 92.801 séquences d’ADN mitochondrial[i] issues de mammifères et d’amphibiens, étudiant leurs variations en fonction de la localisation géographique.

Comme pour la diversité d’espèces, la biodiversité intraspécifique atteint son maximum près de l’équateur, particulièrement dans les Andes tropicales et en Amazonie, mais aussi en Afrique du Sud subtropicale pour les mammifères et en Asie orientale pour les amphibiens. Pour une espèce moyenne, les zones tempérées présentent ainsi 27% moins de diversité génétique que les zones équatoriales.

Autre découverte, la diversité intraspécifique diminue nettement lorsque la densité humaine s’élève. Particulièrement pour les amphibiens, mais de manière moins marquée pour les mammifères, avec des effets différents selon le gène étudié.

Survivre aux changements

Mais au fait, quel intérêt y a-t-il à étudier la biodiversité en-deçà de l’échelle des espèces ? Pour les chercheurs, «connaître la répartition mondiale de la  diversité génétique est crucial si nous voulons vraiment comprendre les impacts à long terme des changements climatiques et d’usage des sols, afin d’évaluer la capacité des espèces à s’adapter à l’Anthropocène et à stopper enfin la perte de biodiversité».

C’est en effet le B.A-BA des sciences de l’évolution: une espèce dont les individus sont génétiquement très différents aura plus de chances de survivre à un quelconque changement environnemental –sans même évoquer le phénomène de la consanguinité. Et c’est de la variété intraspécifique d’aujourd’hui qu’émergent les espèces de demain.



[i] Enfouies dans nos cellules, les mitochondries sont les organites chargées de la production d’énergie, et proviennent de bactéries entrées en symbiose il y a deux milliards d’années. Elles en ont conservé l’ADN, distinct de celui des chromosomes présents dans le noyau cellulaire, et portant principalement des gènes destinés à la production énergétique.

 



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