L’homme ne veut pas réduire ses émissions de CO2, changeons-le!

Le 04 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'homme étant incapable de lutter contre son addiction au carbone, il faut changer l'homme.
L'homme étant incapable de lutter contre son addiction au carbone, il faut changer l'homme.
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La fin du changement climatique est-elle à portée de (petite) main? Oui, répond sans hésiter Matthew Liao. Et le directeur du programme de bioéthique de l’université de New York n’est pas avare de solutions pour réduire notre empreinte carbone. Mais pas forcément celles auxquelles on aurait pu penser.

La décarbonisation de notre système énergétique, de nos transports et de nos villes? Trop lourde, donc trop lente. La séquestration géologique du gaz carbonique industriel? Trop chère et mal acceptée par les populations riveraines du puits d’injection. La fertilisation des océans? Aléatoire, au mieux; inefficace au pire. La géo-ingénierie, alors? Elle n’a pas fait ses preuves et ne résout pas les problèmes annexes à la hausse de la concentration de gaz à effet de serre, à l’instar de l’acidification des océans.

La panacée est en l’homme

Pour ce professeur de philosophie, la panacée est en l’homme. Pour abaisser les émissions anthropiques, il faut réduire les besoins énergétiques de l’humanité. A la base. Cela ne signifie pas, comme certains pourraient le croire, lui interdire de faire son feu dans la cheminée. C’est bien pire.

Matthew Liao se veut l’apôtre de l’ingénierie humaine. En compagnie du chercheur en informatique Anders Sandberg et de la philosophe Rebecca Roache (université d’Oxford), le New-yorkais préconise ni plus ni moins d’adapter, physiquement, l’espèce humaine aux changements climatiques.

Haro sur la bidoche

Dans un article publié dans Ethics, Policy and Environment, le fils spirituel du docteur Frankenstein et d’Orlan suggère plusieurs techniques. Pour réduire les émissions de CO2 et de méthane du secteur agricole, quoi de plus efficace que de dégoûter l’homme de la viande rouge? Rien de plus simple. Par exemple, en additionnant chaque portion de steak d’un puissant vomitif. Matthew Liao et ses comparses sont plus expéditifs encore. Les trois chercheurs suggèrent d’agir directement sur notre système immunitaire pour le rendre intolérant aux protéines animales. On anticipe déjà les patchs anti-bœuf.

Rapetisser l’humain

Grâce à une meilleure alimentation, nos contemporains ne cessent de grandir. Depuis un demi-siècle, le Néerlandais a ainsi gagné une quinzaine de centimètres. «Plus l’homme est grand, plus importants sont ses besoins alimentaires et énergétiques», expliquent les trois auteurs. En conséquence, il faut rapetisser les terriens. De combien? Le calcul est vite fait: «Diminuer la taille moyenne des Américains de 15 centimètres réduirait de 23% leur masse (pour les hommes) et de 25% celle des femmes, diminuant de 15 à 18% leur métabolisme», résument-ils. Deux méthodes semblent efficaces: le génie génétique et le traitement hormonal.

Hormone mon amour

Dans le premier cas, il s’agit de modifier notre ADN pour réduire la production de somatotropine (l’hormone de croissance) par l’hypophyse. Le second procédé consiste à stimuler la production de la somatostatine, une autre hormone inhibant les effets de la première.

Sous la plume de nos scientifiques, l’hormone semble être l’arme anti-carbone absolue. Ils recommandent aussi la prise (ou la production à haut débit) d’oxytocine. De forts taux de cette «hormone du plaisir» pourrait accroître altruisme et empathie, pour les populations menacées par la montée du niveau de la mer ou par les événements climatiques extrêmes, on imagine.

Délires de chercheurs ou réflexions avancées? Une chose est certaine: aucune de ces idées ne générera de crédits carbone à leurs auteurs.

 



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