L’homme menace vraiment la biodiversité marine

Le 20 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus il y a d'humains, plus la biodiversité marine souffre.
Plus il y a d'humains, plus la biodiversité marine souffre.
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Le voisinage entre les hommes et les poissons est décidément problématique. Et pas seulement à cause des pêcheurs. Les activités humaines portent, en effet, atteinte à la biodiversité marine, notamment dans les récifs coralliens. C’est ce que démontre une étude internationale, dont la synthèse est publiée, ce jeudi 20 février, dans la revue Current Biology.

Conduits par des chercheurs français et australiens[1], ces travaux révèlent pour la première fois les effets des activités humaines sur la diversité des communautés de poissons coralliens du Pacifique Sud.

Les scientifiques ont montré que la densité de population humaine avait un impact plus fort sur la diversité fonctionnelle et phylogénétique que sur la richesse en espèces. «Au-delà de la perte d’espèces, l’Homme réduit considérablement la diversité des fonctions assurées par les communautés de poissons ainsi que la richesse de leur histoire évolutive», indique un communiqué de l’institut de recherche pour le développement (IRD).

75% des récifs coralliens menacés

Véritables réservoirs de biodiversité, les récifs coralliens et les écosystèmes associés sont fortement menacés par les perturbations d'origine naturelle ou anthropique. Le dernier bilan du World Resources Institute est alarmant: à l’échelle planétaire, 75% des récifs coralliens sont menacés. Ce taux pourrait atteindre les 100% à l’horizon 2050.

Inquiétant, si l’on se souvient que les récifs subviennent directement aux besoins alimentaires et économiques de nombreux pays en développement. En effet, la biodiversité exceptionnelle des poissons sur les récifs coralliens détermine en partie la biomasse directement consommable par l’homme.

Grâce à un échantillonnage de 1.553 communautés de poissons, les chercheurs ont évalué les niveaux de diversité taxonomique, fonctionnelle et phylogénétique d’un groupe d’espèces exploitées le long d’un gradient de densité humaine allant de 1,3 à 1.705 habitants au kilomètre carré de récif[2].

Les résultats montrent la chute très importante des niveaux de diversité fonctionnelle et phylogénétique au-delà de 20 hab/km2 de récif, alors que la richesse en espèces reste très peu affectée le long de ce gradient.

Lorsque la densité de population humaine atteint 1.700 hab/km2 de récif, l’impact sur les niveaux de diversité fonctionnelle et phylogénétique (respectivement -46% et -36%) est plus important que sur la richesse en espèces (-12%).

Ces travaux soulignent que le nombre d’espèces est un indicateur peu sensible à la pression anthropique, alors que deux autres composantes de la biodiversité se trouvent bien plus affectées par la densité humaine. Ces composantes constituent l’arbre de vie, c’est-à-dire la diversité en traits biologiques et en lignées phylogénétiques, essentielles au fonctionnement des systèmes coralliens.

Les chercheurs attirent ainsi l’attention sur l’importance de conserver l’ensemble des composantes de la biodiversité. Ils préconisent également d’utiliser la diversité en traits et en lignées comme indicateurs fiables et sensibles de la dégradation des communautés d’espèces.

 



[1] Des chercheurs de l’IRD, du laboratoire «Ecologie des systèmes marins côtiers» (UMR CNRS/IRD/ Universités Montpellier 1 et 2/Ifremer), du Centre d’excellence pour l’étude des récifs coralliens (Australie) ont participé à cette étude.

[2] Ces données socio-écologiques ont été collectées dans le cadre des projets PROCFish et CoFish coordonnés par le secrétariat général de la Communauté du Pacifique et financés par l’Union européenne.

 

 



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