L’hiver dernier a laissé des cicatrices sur le littoral aquitain

Le 20 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Evolution du pied de dune à l'Anse du Gurp
Evolution du pied de dune à l'Anse du Gurp

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a relevé à la hausse les effets des tempêtes hivernales sur le littoral aquitain. Le trait de côte a en effet reculé de 30 à 40 mètres par endroits selon un rapport présenté ce 20 novembre par l’Observatoire de la côte aquitaine.

«La côte aquitaine a été soumise à des érosions et des submersions exceptionnelles au cours de l’hiver dernier en raison de la succession de tempêtes puissantes sur une très courte période», résume Cyril Mallet, chef de projet Littoral au BRGM Aquitaine. Un caractère exceptionnel mesuré à la lumière des données enregistrées au cours des 50 dernières années.

Le rapport précise que pendant l’hiver 2013/2014, la puissance de la houle (200 kilowatts) a représenté plus du double de la puissance des hivers précédents. Le point d’orgue a été atteint lors de la tempête Hercule, le 6 janvier, qui a généré des vagues de 9 mètres.

Première conséquence: une hausse de l’érosion. Déjà pointée dans un premier rapport publié à chaud en février, elle est aujourd’hui précisée. Ce n’est pas de 10 mais de 20 m que le trait de côte[1] a reculé sur de nombreux sites. Si tout le littoral est touché, c’est en Gironde que ce retrait a été le plus significatif, atteignant 30 à 40 m par endroits.

Deuxième conséquence moins connue: un fort abaissement du niveau des plages, supérieur à 2 m dans certaines zones. Ce qui limite leur résistance aux assauts de l’océan. 

On peut toutefois déplorer l’absence de rapports concernant les autres régions. «L’érosion ne s’arrête pas à l’Aquitaine et touche en moyenne 27% du littoral français», précise Jean-Luc Fouchet, directeur des risques et de la prévention au BRGM. Les plages de sable et de galets sont les plus touchées (46% d’entre elles) contre 23% des côtes rocheuses de l’Hexagone.

Ce phénomène s’annonce-t-il durable? «Difficile à dire, même si les premières observations remontées depuis octobre affichent une tendance similaire», note Cyril Mallet. Selon lui, il faut poursuivre le suivi du littoral pendant plusieurs années avant de le confirmer. Mais si le littoral offre une capacité naturelle à se reconstruire, la répétition des tempêtes pourrait perturber durablement cette résilience.

Une autre question reste en suspens: que devient le sable érodé? Les scientifiques n’ont pas encore de réponse précise. Pour l’heure, ils pensent qu’une partie se dirige sous le plateau continental et qu’une autre se dépose dans les fonds marins.

Enfin, l’effet du réchauffement climatique sur la montée du niveau de la mer ne fait aucun doute. «On observe une hausse de 3,2 millimètres par an depuis plusieurs années, identique à la hausse moyenne planétaire  établie par le denier rapport du Giec[2] entre 1995 à 2010. Le phénomène s’accélère», conclut Carlos Oliveros, du département Changement climatique du BRGM.



[1] 1)  Le trait de côte désigne la limite entre la terre et la mer. Il est défini dans le guide du trait de côte 2010 comme «la ligne d’intersection entre la surface topographique avec le niveau des plus hautes mers astronomiques (coefficient 120) dans des conditions météorologiques normales».

[2] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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