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L’hépatite E fréquente chez les porcs français

Le 18 octobre 2012 par Romain Loury
Les 2/3 des élevages français seraient concernés.
Les 2/3 des élevages français seraient concernés.

Près de deux tiers des élevages porcins français seraient touchés par le virus de l’hépatite E (VHE), et 4% des foies qui entrent dans la chaîne alimentaire sont contaminés, selon une étude publiée fin septembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Si l’hépatite E est endémique en Afrique et en Asie, elle demeure assez rare dans les pays industrialisés, où les contaminations ont lieu en général lors d’un voyage.

Le nombre de cas autochtones tend toutefois à augmenter (de 9 en 2002 à plus de 300 en 2011), toujours avec un VHE de génotype 3 [1], le seul à circuler aussi chez l’animal. Notamment chez le porc, dont le foie consommé cru est lié au risque d’infection chez l’homme. Or le cheptel porcin français semble «très largement contaminé par le VHE», montre une étude publiée par l’Anses dans son bulletin épidémiologique.

Menée sur des sérums et des foies de porcs recueillis dans 35 abattoirs, soit 95% de la production française, elle révèle que 65,3% des élevages seraient touchés par le VHE. Certains comptent même jusqu’à 90% d’animaux présentant des anticorps anti-VHE, signe d’une infection actuelle ou passée. La région Grand-Ouest, notamment la Bretagne, est la plus atteinte: «Les pratiques d’élevage, dans les zones à forte densité porcine, pourraient favoriser la diffusion du VHE», estiment les auteurs. Résultat: 4% des foies entrant dans la chaîne alimentaire sont infectés par le VHE.

D’où la recommandation du ministère de la santé de consommer ces produits (saucisses de foie fraiches ou sèches, foie sec, figatelli et quenelles de foie) cuits à cœur, traitement auquel le virus ne survit pas. Si le nord de la France compte 77% des élevages touchés, c’est au sud que l’on trouve le plus de cas humains (67%). Les souches isolées chez le porc, toutes du génotype 3, sont par ailleurs quasi identiques à celles séquencées chez l’homme. «Ces résultats sont en accord avec l’identification récente de cas humains associés à la consommation de saucisses à base de foie de porc cru (figatelli), consommées crues dans le sud de la France», commentent les auteurs de l’article. Avec ses 4% de foies de porc contaminés au VHE, la France se place au même niveau que l’Allemagne (4%), mais derrière les Etats-Unis (11%) et les Pays-Bas (6,5%), remarquent-ils. Peut-être le résultat «de pratiques d’élevage différentes et/ou un abattage plus tardif en France, laissant le temps à une élimination naturelle du virus».

Comparé aux VHE de génotypes 1 et 2 d’Afrique et d’Asie, transmis par l’eau, celui de génotype 3 est bien moins virulent, n’entraînant de décès que dans 1 à 4% des cas, le plus souvent chez des personnes présentant déjà une maladie du foie. Outre le foie de porc cru, la viande et les abats de sanglier et de cerf constituent aussi une source d’infection alimentaire. [1] Les VHE des pays du Sud sont généralement des génotypes 1 et 2.



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