L’externalisation du cycle de l’eau: pourquoi? comment?

Le 26 avril 2005 par Ludivine Hamy
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Le recours à l’externalisation est un phénomène en pleine croissance dans le secteur industriel. Dans le domaine de l’eau, les entrepreneurs s’avèrent souvent intéressés mais se posent encore beaucoup de questions.

Selon la définition du ministère chargé de l'industrie, l'externalisation du cycle de l'eau est «un transfert stable et durable d'une partie ou de la totalité de l'exploitation et/ou de la maintenance des processus internes liés au traitement de l'eau vers un prestataire externe.» En outre, contrairement à la sous-traitance, l'externalisation est un contrat de durée qui concerne des fonctions et non des produits. Il suppose des obligations de résultats et recherche la responsabilisation et le partage de la valeur.

Forts de ces éléments, les industriels ont aujourd'hui le choix entre de multiples prestataires nationaux (les trois principaux étant Veolia Water, Ondeo Industrial solutions et Saur), l'offre étrangère étant encore peu présente sur le marché français. Mais la décision n'est pas simple à prendre. Pour aider les professionnels à choisir, en connaissance de cause, d'avoir recours ou pas à l'externalisation, l'agence de l'eau Loire-Bretagne vient de publier un guide intitulé «Externaliser le cycle de l'eau de votre usine.» Décrivant les différentes phases du processus d'externalisation, le document présente les avantages et inconvénients d'une telle option. Comme le souligne Noël Mathieu, directeur général de l'agence, «l'objet de ce guide est de conduire l'industriel à s'interroger sur une décision qu'il lui appartient seul de prendre. Ni pour, ni contre, l'agence souhaite que la question de l'externalisation soit analysée avant toute décision.»

Définition des besoins, des services, contractualisation, gestion du partenariat: les principales étapes de la démarche sont analysées. On apprend ainsi que l'externalisation ne signifie, en aucun cas, transfert de la responsabilité environnementale de l'industriel. En effet, en vertu de la législation sur les installations classées, l'industriel demeure l'«exploitant» au sens juridique du terme et donc l'unique responsable de ses rejets. De même, externaliser n'équivaut pas à se débarrasser totalement du problème de la gestion de l'eau. La délégation ne porte ses fruits que si les coûts et les résultats sont constamment vérifiés et optimisés.

Le guide n'hésite pas à décrire les risques inhérents à toute externalisation: risque de perte de savoir-faire et de compétences chez l'industriel, risque de défaillance de la prestation, risque technologique, opérationnel, financier ou social. Ainsi, si certaines précautions ne sont pas prises, la prestation peut être requalifiée en délit de prêt de main d'oeuvre illicite ou délit de marchandage passible de lourdes sanctions pénales tant pour l'industriel que pour le prestataire. En contrepartie, les avantages sont nombreux: accès à une recherche et développement (R&D) spécialisée, optimisation des procédés, réduction des coûts, augmentation de la flexibilité et de la réactivité ou recentrage sur le coeur de métier.

En 2002, le marché français de l'externalisation de l'eau était de l'ordre de 85 millions d'euros avec une part de 10 millions d'euros pour l'eau de process (process et chaud/froid) et de 75 millions d'euros pour le traitement des eaux résiduaires. L'analyse sectorielle démontre que le secteur d'activité ayant le plus recours à l'externalisation est l'industrie agroalimentaire qui représentait 35 % des 75 millions d'euros “externalisés” dans le traitement des eaux résiduaires en 2002, suivi de la chimie et de la sidérurgie (1). Le marché de l'externalisation devrait connaître une forte accélération dans les cinq prochaines années avec une croissance d'au moins 12 % par an soit un quasi doublement à moyen terme (horizon 2007). En 2004, la taille du marché était de l'ordre de 105 millions d'euros.



(1) Etude du Bureau d'information et de prévision économique (BIPE) - Dunet Daniel, Michel Frédéric,“Le marché d'exploitation du traitement des eaux résiduaires industrielles”, BIPE Club Enviroscope, 2003.




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