L’exposition aux retardateurs de flamme par l’air intérieur

Le 22 janvier 2007 par Claire Avignon
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Un article scientifique américain montre que la présence de polybromodiphényléthers (PBDE) chez les hommes provient en partie de la poussière respirée dans les habitations. Le développement neurologique des enfants pourrait être mis en danger.

A cause de son caractère persistant, bioaccumulatif et toxique (PBT), la famille des PBDE est régulièrement retrouvée chez les animaux, mais aussi chez les humains Le 17 janvier, l'US Geological survey a annoncé avoir découvert des PBDE dans le fleuve Potomac, qui coule sur la côte est des Etats-Unis, et qui traverse la Virginie occidentale et la capitale Washington. En juin 2006, l'Agence alimentaire du Royaume-Uni a détecté leur présence dans des viandes, des poissons, des légumes destinés à la consommation humaine. Puis en septembre 2006, WWF en a trouvé dans 19 aliments sur 26 testés, dont du steak haché, du cheddar écossais et du miel.

L'alimentation est donc la plus régulièrement accusée d'«empoisonner» les hommes avec les PDBE principalement utilisés comme des retardateurs de flamme dans de nombreux secteurs (construction, électronique, textile, production d'adhésifs, de plastiques, etc.). Depuis le 1er juillet 2006, l'Union européenne interdit l'utilisation de PBDE dans les nouveaux équipements électriques et électroniques, suite à l'adoption de la directive 2002/95 (1). Mais des exemptions ont été accordées.

Un article mis en ligne le 17 janvier par la revue Environmental science and technology montre que non seulement l'alimentation, mais aussi «l'environnement intérieur […] jouent un rôle prééminent dans l'exposition au PBDE.» Des chercheurs de l'université de Boston ont collecté des échantillons de lait chez 46 femmes devenues mères pour la première fois, deux à huit semaines après l'accouchement. Ils ont également prélevé des échantillons de la poussière des habitations du grand Boston dans lesquelles vivent les mères. Une association significative a été établie entre la présence de PBDE dans le lait maternel et la consommation de produits laitiers et de viande mais aussi entre la concentration de ces molécules persistantes dans le lait maternel et celle détectée dans les poussières.

Il faut dire que les foyers américains (et canadiens) ont la teneur en PBDE la plus importante du monde, selon Environmental science and technology. Or, selon l'Agence de protection de l'environnement (EPA), les enfants pourraient être particulièrement sensibles aux PBDE puisque des travaux ont montré que ces molécules ont des effets neurotoxiques sur le développement des animaux.



(1) Directive 2002/95/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 janvier 2003 relative à la limitation de l'utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques




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