L’explosion du diabète aurait aussi une cause environnementale

Le 01 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Les personnes dont le sang présente des concentrations élevées en pesticides et en polluants organiques persistants (POP) seraient plus susceptibles de développer un diabète de type 2 – c’est-à-dire non insulinodépendant, comme le suggère une nouvelle étude reprise le 30 juin dans la revue Environmental Health News.
 
Plus de 8% de la population américaine souffre de diabète selon l’Institut national de la santé américaine, la plupart étant diagnostiquée avec un diabète de type 2. En France, le nombre de diabétiques a doublé en 10 ans. 4% de la population française contre 7,3% au niveau mondial serait touchée par la maladie qui progresse tout particulièrement chez les jeunes. Certains la qualifient d’épidémie mondiale.
 
Les résultats de cette dernière étude viennent s’ajouter à un faisceau de présomptions déjà existant. Certains produits chimiques présents dans le corps humains induiraient des modifications physiologiques entrainant du diabète. Mais pour l’instant, aucune preuve tangible ne permet de le prouver.
 
L’équipe du docteur Duk-Hee Lee de l’Université de Daegu en Corée du sud a ainsi sélectionné un groupe de 725 non diabétiques suédois, toutes des personnes âgées. Les scientifiques ont prélevé des échantillons de sang et analysé la teneur en pesticides et en PCB. Le groupe a été suivi pendant 5 ans.
 
36 personnes ayant participé à l’étude ont été diagnostiquées avec un diabète de type 2. Les statistiques montrent que plus de la moitié des diabétiques ne sait pas qu’elle est atteinte par la maladie. En tenant compte des autres risques de diabète comme le surpoids, le manque d’exercice ou le tabagisme, l’équipe de Lee a réussi à montrer que les personnes dont le taux de PCB dans le sang était le plus élevé étaient 9 fois plus susceptibles de développer un diabète que ceux dont la concentration en polluants dans le sang était faible.
 
Un lien plus ténu a été mis en évidence pour une partie des pesticides, alors que pour l’autre partie aucun lien avec le développement de la maladie n’a pu être prouvé, selon l’étude qui a été publiée le 23 juin dernier dans la revue Diabetes Care.
Les auteurs spéculent sur le fait qu’une longue exposition aux contaminants pourrait affecter les cellules du pancréas qui sécrètent l’insuline, l’hormone qui régule le taux de glucose dans le sang.
 
«Il semblerait logique que les personnes en surpoids soient les plus à risque» explique David Carpenter, responsable de l’Institut pour la santé et pour l’environnement d’Albany, dans l’Etat de New York. «Parce que ce sont certainement les personnes qui mangent le plus de viandes et de poissons gras, des aliments dans lesquels on retrouve ces polluants persistants. Et aussi parce que le corps de ces personnes contient plus de graisse que la moyenne». Les polluants organiques persistants sont lipophiles et donc s’accumulent en bout de chaine alimentaire, dans les graisses animales.
 
Pendant que les scientifiques continuent à chercher quels polluants exacts sont à l’origine du diabète et les mécanismes d’action des molécules chimiques, «les stratégies pour combattre la maladie restent les mêmes», explique David Carpenter. «Il est important de réduire sa consommation de graisse animale et de prendre conscience à quel point certains poissons peuvent être gras».


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