L'expertise technique d'urgence

Le 05 septembre 2005 par Christine Sévillano
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La Cellule d'appui aux situations d'urgence de l'Ineris devrait se consolider dans les mois à venir avec la signature d'une nouvelle circulaire qui précise ses missions. Ce texte lui permet de renforcer son offre de services de gestion d'urgence des risques auprès des pouvoirs publics mais aussi des industriels.

La Cellule d'appui aux situations d'urgence (Casu), créée en 2003 par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), devrait s'ouvrir davantage aux industriels, grâce en particulier à la circulaire du 15 juillet 2005 sur sa mission et ses modalités d'intervention (1). «La demande publique est privilégiée, mais en définissant notre rôle, ce texte va nous permettre d'affiner notre offre de services à destination des collectivités locales, mais aussi des industriels et des autres professionnels pour lesquels les interventions sont restées marginales pour le moment. Il fallait bénéficier de retours d'expérience pour obtenir ce cadre réglementaire», explique François Fontaine, chargé de la gestion du programme de développement de la Casu. Cette cellule permet de mobiliser l'expertise de l'Ineris sur les risques chimiques non radioactifs en temps réel, mais elle n'est pas un dispositif de gestion des crises. Au cours de la seule année 2004, elle a été sollicitée à 26 reprises, dont 15 en situation d'urgence réelle.

Formellement mise en place le 15 avril 2003, la cellule dispose d'une équipe d'astreinte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Formée de 2 personnes, elle peut délivrer des renseignements scientifiques et techniques à tout moment sur les produits chimiques, leurs risques et la connaissance sur des incidents similaires à ceux connus par le requérant. «Nous donnons des éléments techniques utiles à la décision face à des problèmes intervenant dans les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) ou les transports de marchandises dangereuses», explique François Fontaine. La cellule se forme en fonction de la demande de l'interlocuteur et de la spécificité du problème.

En janvier 2004, la préfecture de l'Ardèche demande l'intervention de la Casu lors de l'échouage d'une barge de benzène à La Voulte-sur-Rhône, qui a bloqué la circulation fluviale et ferroviaire, afin de disposer d'une expertise sur la meilleure façon d'enlever la barge en tenant compte des risques toxiques et d'explosion. «Nous avons fait appel à nos experts ayant une connaissance du risque toxique et pouvant faire une évaluation du nombre de riverains à évacuer», poursuit François Fontaine. La Casu a également travaillé avec le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) (2) et le centre antipoison afin d'avoir une confirmation de ses informations. La Casu a d'ailleurs signé une convention avec le Cedre en 2004 dans le cadre des pollutions accidentelles de l'eau. «Nous sommes complémentaires avec le Cedre, qui se concentre sur les pollutions marines mais peu sur les risques industriels notamment accidentels. Là, c'est notre domaine», affirme François Fontaine.

Pour des crises d'une durée plus longue, la Casu peut-être une interface entre la demande publique et l'expertise de l'Ineris. Ainsi dans la crise de la légionellose de décembre 2003 dans le Nord-Pas-de-Calais, la Casu a participé à une expertise collective avec l'Institut de veille sanitaire (INVS), la cellule interrégionale épidémiologique, EDF, un constructeur de tours aéro-réfrigérantes, un médecin spécialiste de la légionellose et les services déconcentrés de l'Etat afin de trouver la source de la contamination. La Casu a concentré ses travaux sur le transport de la goutte d'eau et donc le déplacement du nuage. Mais une fois l'origine trouvée, elle s'est désengagée, puisqu'elle demeure un outil d'urgence. Même si elle cherche à développer ses services à destination des industriels, elle a déjà répondu à des demandes privées, 2 en 2004. L'une d'un armateur portait sur la mise en sécurité d'un navire transportant des produits chimiques à la suite d'émanations d'hydrogène issues des billes de fer. Une seconde portait sur un auto-échauffement de cargaison dans un bateau qui a provoqué un incendie de produits chimiques. La Casu a pu renseigner l'armateur sur le mode d'extincteur à choisir. «Notre cellule constitue un outil d'aide à la décision notamment pour les industriels qui, en cas de crise, ont tout intérêt à revenir le plus vite possible à une situation normale pour retrouver leur capacité de production initiale», conclut François Fontaine, qui n'exclut pas la possibilité d'offrir à terme un autre service: des fiches de données de sécurité sur les produits chimiques.



(1) La circulaire du 15 juillet 2005 sur la mission et les modalités d'intervention de la Casu dans le cadre de l'aide aux pouvoirs publics en cas d'accident impliquant des substances dangereuses non radioactives.

(2) Association financée par ministère chargé des transports, née en 1978 à la suite au naufrage du navire pétrolier Amoco Cadiz.




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