L’expertise sur les éthers de glycol avance doucement

Le 16 juin 2006 par Claire Avignon
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chimie
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L’Inserm vient de rendre sa copie à l’Afsset concernant les nouvelles données toxicologiques relatives aux éthers de glycol. Mais avant une évolution de la réglementation, l’Afsset doit y voir plus clair sur la situation française. Une mission qui s’avère très délicate.

Tout paraît long en santé environnementale. Surtout face à l'émotion suscitée par le témoignage, depuis la fin des années 1990, de travailleurs dont les enfants sont probablement victimes de leur exposition aux éthers de glycol, des substances toxiques pour la reproduction qu'on retrouve dans la fabrication des circuits imprimés, des produits de beauté, des dégraissants, des peintures, des diluants, des encres, etc. Des procès sont en cours, dont plusieurs concernent IBM. Mais malgré une première série de textes réglementaires, des points d'interrogation demeurent, sur la dangerosité d'une partie des éthers par exemple.

En novembre 2003, des associations décident donc de mettre la pression sur le gouvernement en établissant une charte du collectif «éthers de glycol», élaborée par l'association des accidentés de la vie (Fnath), l'association des victimes des éthers de glycol (Aveg), des représentants syndicaux (1), de mutuelles (2), la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) et le syndicat national professionnel des médecins du travail (SNPMT). Leurs objectifs: faire interdire en milieu professionnel les co-solvants toxiques pour la reproduction, susciter des recherches indépendantes et faire évoluer la réglementation pour la réparation des victimes, parents comme enfants.

Une grande part des réponses doit provenir d'un plan interministériel. Lancé en 2003, il n'a encore permis aucune avancée. Car le chantier, mené par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) s'avère «gigantesque», selon la directrice générale de l'agence. «Ce n'est pas parce qu'on y travaille depuis 2003 qu'on n'a rien fait», continue-t-elle. Pour preuve, l'Inserm vient d'achever une de ses tâches en réalisant un bilan des nouvelles données toxicologiques et épidémiologiques sur les éthers de glycol produites entre 1998 et 2005. En juin 2005, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) avait rendu une étude sur la mesure en conditions réelles des éthers lors d'une pose de peinture. Mais beaucoup d'autres connaissances sont encore nécessaires avant que l'Afsset ne soit en mesure de proposer des modifications dans la réglementation.

Sont attendus une étude sur la substitution des produits par un cabinet britannique, des travaux de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) sur les filières d'utilisation en milieu professionnel, etc. L'Afsset et le ministère en charge du travail sont par ailleurs en train de réévaluer les valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP). Au final, Michèle Froment-Védrine avoue n'avoir «aucune idée du calendrier», même si elle espère des résultats avant les présidentielles de 2007. Et de s'avouer frustrée de certains freins qui perdurent et empêchent une meilleure connaissance de la situation française relative aux éthers de glycol. «Dans le cas de l'étude de l'Inserm, par exemple, nous devons nous fonder sur des études asiatiques qui sont difficilement transposables au cas français, explique-t-elle. Le problème est que la France ne dispose pas de registre sur les malformations congénitales. Comment peut-on alors orienter nos travaux? C'est invraisemblable.» Un constat qui s'applique à de nombreux thèmes traités par l'Afsset qui regrette égalment l'absence d'un registre national des cancers.



(1) La CGT et la fédération chimie énergie de la CFDT

(2) La Fédération des mutuelles de France (FMF) et la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF)




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