L’Europe veut optimiser sa consommation de ressources naturelles

Le 20 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Commission européenne a dévoilé, ce mardi 20 septembre, une feuille de route visant à rendre durable l'économie européenne d'ici 2050: 62 ans après le Sommet de la terre à Rio, il était temps!
 
La prose communautaire recense les secteurs économiques les plus consommateurs de ressources (l’alimentation, le logement et la mobilité) et propose des instruments et des indicateurs pour guider les actions à entreprendre en Europe et dans le monde. Ce qui n’est pas du luxe.
 
«Au cours du XXe siècle, le monde a multiplié sa consommation de combustibles fossiles par 12 et l’extraction de ressources matérielles par 34», souligne la Commission. Et nos performances n’ont pas tendance à s’améliorer avec le temps: chaque Européen consomme, chaque année, 16 tonnes de ressources, dont 6 sont gaspillées.
 
Alors que la demande mondiale de denrées alimentaires, d'aliments pour animaux et de fibres pourrait croître de 70% d’ici 2050, 60% des principaux écosystèmes de la planète où sont produites ces ressources sont déjà dégradés ou exploités de façon non durable.
 
«Notre système économique continue d’encourager une utilisation inefficace des ressources en valorisant certaines d’entre elles en deçà de leur coût véritable.» Le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable estime qu’il faudra, d’ici 2050, multiplier la productivité des ressources par un facteur compris entre 4 et 10, avec des améliorations significatives dès 2020. Faute de quoi, rappelle régulièrement le WWF, il nous faudra une seconde planète pour continuer à prospérer.
 
Le programme européen est fondé sur l’optimisation des consommations de ressources lors de la production et de la consommation de biens, et sur la création d'entreprises et d'emplois dans des secteurs d'activité tels que le recyclage, la conception plus intelligente de produits, la recherche de matériaux de substitution, l'éco-ingénierie. Sans oublier les économies d’énergie! «Une baisse de 1% de la consommation énergétique de l'UE permettrait de se passer de l'équivalent de 50 centrales au charbon ou encore de 25.000 éoliennes », rappelle la Commission.
 
Les mesures proposées visent à transformer la production et la consommation en incitant les investisseurs à promouvoir l'innovation écologique, à stimuler l'éco?conception et l'éco?étiquetage et à encourager les organismes publics à faire des dépenses plus écologiques.
 
Histoire d’alimenter le débat politique de ces prochaines semaines, Bruxelles conseille d’alléger la fiscalité sur le travail en taxant la pollution et la consommation des ressources. Bref, de revenir à la toute première version de la TGAP[1] à la française. La Commission milite aussi pour de nouvelles mesures d'incitation pour encourager les consommateurs à se tourner vers des produits plus économes en ressources. Des produits qui devront être étiquetés en conséquence. La feuille de route recommande également une adaptation des prix afin qu'ils reflètent les coûts réels de l'utilisation des ressources, en particulier sur l'environnement et la santé.


[1] TGAP: Taxegénéralesurlesactivitéspolluantes


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