L’Europe sur la voie de la transition écologique?

Le 26 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Beaucoup reste à faire pour réduire les émissions maritimes.
Beaucoup reste à faire pour réduire les émissions maritimes.

L’Agence européenne de l’environnement dresse un bilan synthétique des politiques environnementales des 28. Conclusion: le cadre y est, mais pas forcément la volonté politique.

L’Europe fait-elle de l’humour?

Inconcevable, est tenté de répondre le fidèle lecteur des rapports de l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Alors, parlons de coïncidence. A quelques semaines de l’ouverture de la seconde session de la conférence environnementale française, l’institution de Copenhague se pose une grave question: les pays membres de l’Union progressent-ils sur la voie de la transition écologique? Et pour ne froisser personne, l’agence prend soin de parler d’économie verte.

La réponse n’est pas des plus simples. Aussi, les services de Hans Bruyninckx (directeur exécutif de l’AEE) lui ont-ils consacré un rapport entier. Et ça n’est pas de trop. Car personne n’a encore inventé l’indicateur synthétisant les performances de 28 pays sur des sujets aussi divers que l’état de la biodiversité, la qualité de l’air, les usages de l’eau ou la lutte contre les changements climatiques.

Un suivi des politiques

Pour contourner l’écueil, les experts de l’AEE ont choisi, non pas de créer un indice de performance environnemental global, mais de suivre les résultats des politiques environnementales des Etats membres, encadrées par 131 objectifs communautaires. Sur le lot, 63 sont légalement contraignants et fixent, en général, des objectifs à atteindre dès 2020. «La plupart d’entre eux, rappelle l’AEE dans un communiqué, peuvent être vus comme des objectifs intermédiaires vers la transition vers l’économie verte. En effet, la résolution de la plupart de ces problèmes nécessitera de conduire des actions à long terme, bien au-delà de 2020.»

Alors que nous venons à peine d’emprunter la route vers le Valhalla environnemental, peut-on, d’ores et déjà, faire un premier bilan de notre pèlerinage? Oui, mais il est très contrasté.

Bilan contrasté

La réduction des polluants atmosphériques transfrontières (oxydes d’azote, dioxyde de soufre, ammoniac, composés organiques volatils non méthaniques) marque des points, ce qui devrait non seulement avoir des effets positifs sur nos bronches, mais aussi sur la qualité de l’eau des lacs. Pour des raisons variées, l’Europe devrait aussi parvenir à réduire de 20% ses rejets de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020. Probablement, une première mondiale.

Faute de mieux, les 28 sont aussi en train de découpler croissance économique et production de déchets. Bien évidemment, bien des sujets affichent un bilan moins flatteur. L’Europe est loin de diminuer ses émissions de GES de 3% par an, ce qui lui permettrait de décarboner de 80% son économie, objectif assigné par le Giec aux pays les plus industrialisés pour stabiliser le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle.

Des objectifs intenables

Collectivement, nous sommes aussi incapables d’assainir la qualité de notre air urbain. L’air est trop chargé en polluants dans nombre d’agglomérations, notamment en particules fines et en précurseurs de formation d’ozone. Dans le cadre du paquet Energie-climat de 2008, l’UE doit réduire de 20% sa consommation d’énergie en 2020, par rapport à un scénario de référence. Objectif intenable avec les politiques actuelles. La fin de la mise en décharge pour 2020? Pas envisageable aujourd’hui, «à moins d’un changement radical de nos modes de gestion des déchets».

Bref, si le cadre juridique semble plus ou moins approprié au verdissement du Vieux monde, la volonté politique semble marquer le pas. Ce qui ne constitue pas vraiment une surprise.



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