L’Europe s’attaque aux espèces invasives

Le 09 septembre 2013 par Stéphanie Senet
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La France devrait proposer l'inscription du moustique-tigre
La France devrait proposer l'inscription du moustique-tigre

Après l’alerte lancée en février dernier par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) sur l’impact négatif des espèces invasives en Europe, la Commission européenne a présenté, ce 9 septembre, une proposition législative pour protéger la biodiversité.

La volonté de Bruxelles d’élaborer une stratégie communautaire n’est pas nouvelle. Elle remonte à novembre 2008, et vise à protéger plantes, animaux et santé humaine des impacts négatifs des espèces invasives, dont les dommages sont évalués à 12 milliards d’euros par an sur le Vieux continent. On compte en Europe environ 12.000 espèces provenant d’ailleurs. Environ 1.800 d’entre elles (15%) sont considérées comme envahissantes, c’est-à-dire que leur croissance est très forte.

Les espèces exotiques envahissantes présentent des risques pour la santé humaine (frelon asiatique et moustique-tigre par exemple), peuvent endommager les infrastructures (ainsi les dégâts causés par la renouée du Japon, introduite en Europe au début du XIXe siècle) ou causer des pertes de récoltes agricoles.

Sur le plan écologique, les espèces invasives peuvent aussi perturber les écosystèmes, comme le merisier d’Amérique dans les zones forestières. Au niveau mondial, ces espèces représentent la deuxième cause de destruction de la biodiversité, après la disparition des habitats.

Ces mesures européennes présentent un atout précieux. Elles permettent en effet de s’attaquer à un fléau que les Etats ne peuvent, seuls, résoudre. Ainsi, la campagne d’éradication de la berce géante, en Belgique, ne sert à rien si l’espèce se réintroduit sur son territoire via la France.

Une liste de 50 espèces bientôt interdites

Bruxelles a conçu sa proposition législative autour d’une liste, en cours de rédaction, d’espèces jugées préoccupantes. Les Etats membres de l’UE sont d’ailleurs invités à proposer des espèces. Une fois interdites en Europe, il sera impossible de les importer, les acheter ou les vendre, les utiliser ou encore les libérer dans l’environnement.

Cette proposition de règlement doit encore être examinée par le Conseil et le Parlement. Un réseau d’information est censé l’accompagner. Il s’agit de l’European Alien Species Information Network (EASIN).

Les associations de protection de l’environnement européennes, regroupées au sein de l’EEB, ont salué, ce 9 septembre, ce projet de règlement. Elles ont en particulier noté qu’un accent important était mis sur la prévention (création d’une procédure d’alerte). Pieter de Pous, directeur des politiques de l’EEB, a toutefois relevé un bémol dans l’efficacité du plan d’action. «Ce projet s’est donné comme limite de ne traiter que 50 espèces sur les 1.500 potentiellement nuisibles», a-t-il précisé.



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