L’Europe révise sa politique énergétique

Le 12 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'équipe de Jose Manuel Barroso veut rapidement dynamiser la politique énergétique européenne.
L'équipe de Jose Manuel Barroso veut rapidement dynamiser la politique énergétique européenne.

Pour tenir ses engagements climatiques, l’Union européenne doit lourdement investir dans les économies d’énergie, les infrastructures et les technologies.

 Voici trois ans, l’Union européenne a lancé une politique énergétique très ambitieuse. Baptisée « 3x20 », elle vise à réduire de 20 % nos émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020, notamment en produisant 20 % de notre énergie à partir des renouvelables et en accroissant de 20 autres pourcents l’efficacité énergétique. Mieux, le Conseil européen a également annoncé que les 27 devaient aussi viser une réduction des émissions de l’ordre de 80 à 95 % d’ici 2050.

Problème : les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur de ces ambitions. Dans une communication publiée le 10 novembre, la Commission tire un premier bilan de l’application de sa politique énergétique. « Si certains progrès ont été enregistrés dans la réalisation de ces objectifs, il faut reconnaître que les systèmes énergétiques européens s’adaptent trop lentement, alors que l’ampleur des défis augmente. Les prochains élargissements de l’UE amplifieront encore cette difficulté, étant donné que l’Union accueillera des pays dont l’infrastructure est obsolète. »

Pour faire face à l’obsolescence d’infrastructures, dont certaines ont plus d’un demi siècle, à la rareté annoncée de combustibles fossiles et à l’alourdissement de la contrainte carbone, l’Europe devra investir plus de 1.000 milliards d’euros ces 10 prochaines années. Mais selon les signaux économiques que donneront les gouvernements et les marchés, les opérateurs feront des choix plus ou moins pertinents sur le plan environnemental. Tant que des Etats continueront, par exemple, de subventionner l’extraction du lignite, les électriciens allemands, espagnols, polonais ou tchèques n’auront aucune raison valable de remplacer leurs centrales au charbon par des installations au gaz ou des champs d’éoliennes.

Pour tenir leurs engagements climatiques internationaux et sécuriser leur approvisionnement énergétique, les 27 vont devoir donner un sérieux coup d’accélérateur politique et économique.

En premier lieu, la Commission propose d’accroître les efforts en matière d’économie d’énergie dans les domaines des transports et des bâtiments. « Pour aider les propriétaires immobiliers et les entités locales à financer des rénovations et mesures d'économie d'énergie, la Commission proposera d'ici la mi-2011 des incitations à l'investissement et des instruments financiers innovants. Le secteur public, quant à lui, est invité à prendre l'efficacité énergétique en compte dans ses marchés de travaux, de services ou de produits. Dans l'industrie, les certificats d'efficacité énergétique pourraient encourager les entreprises à investir dans des technologies plus sobres. »

Bruxelles considère aussi que les procédures de concertation et d’acceptation par le public des grandes infrastructures énergétiques (lignes de transport d’électricité, gazoducs, centrales, terminaux méthaniers, parcs éoliens) sont trop longues. L’exécutif européen suggère ainsi « de simplifier et d'accélérer la procédure de délivrance des permis de construire, en fixant un délai maximum pour l'octroi de l'autorisation finale et du financement de l'UE. Un guichet unique devrait permettre de coordonner toutes les demandes de permis nécessaires à la réalisation d'un même projet ».

Après deux crises gazières majeures avec la Russie, l’exécutif communautaire souhaite reprendre la main sur les Etats ; du moins coordonner les relations entre les 27 et le principal fournisseur de gaz de l’Union européenne. La Commission propose ainsi « de renforcer et d'étendre le Traité instituant la Communauté de l'énergie afin de poursuivre l'intégration des pays qui souhaitent participer au marché européen de l'énergie. La coopération avec l'Afrique devrait elle aussi s'intensifier, en vue de fournir une énergie durable sur l'ensemble du continent ».

Histoire de renforcer son leadership technologique, l’Europe va aussi lancer des programmes de recherche et de développement sur les réseaux intelligents et le stockage de l'électricité, les agrocarburants de seconde génération et les systèmes d’économie d'énergie dans les zones urbaines.

Mais pour être dans les clous, encore faudra-t-il faire vite. Aussi l’équipe de José Manuel Barroso veut-elle brûler les étapes. Bruxelles entend faire accepter toutes ses propositions lors du premier sommet de l'UE sur l'énergie qui se tiendra le 4 février prochain. De sorte que les évolutions politiques et réglementaires puissent être lancées au cours des 18 prochains mois. 



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