L’Europe plus vigilante sur les produits de la mer importés

Le 16 novembre 2011 par Romain Loury
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La recherche de résidus de médicaments sur les produits de la mer importés est plus active dans l’Union européenne (UE) que dans d’autres régions du monde, notamment aux Etats-Unis, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology.
 
Selon le type de produit issu de l’aquaculture, ce sont 20 à 50% des importations qui feraient l’objet de tels examens à leur entrée dans l’UE. Loin devant le Japon (18%), le Canada (2 à 15%) et les Etats-Unis (2%), montrent Keeve Nachman et son équipe, du Johns Hopkins Center for a Livable Future (Baltimore) [1].
Une analyse plus détaillée révèle des profils très différents d’un pays à l’autre, en fonction du type d’importation et du contrôle plus ou moins poussé selon les produits. Pour l’UE et le Japon, plus des deux tiers des contrôles positifs sont liés à des crevettes, tandis qu’aux Etats-Unis et au Canada, aucun produit ne s’avère aussi dominant par rapport aux autres.
 
Quant au pays d’origine, c’est le Vietnam qui arrive en première position pour les produits ne répondant pas aux normes (43% des violations aux Etats-Unis, 16% pour l’UE). Là aussi, selon l’attention accordée à un pays ou l’autre, c’est l’Inde ou la Chine qui arrive en deuxième position: dans l’UE, l’Inde devance ainsi la Chine, alors que c’est l’inverse ailleurs.
 
Autre constat, les Etats-Unis contrôlent moins de résidus de médicaments que les autres pays. Conséquence: l’UE, le Japon et le Canada peuvent retrouver jusqu’à 10 médicaments dans les crevettes, tandis qu’aux Etats-Unis un contrôle positif n’a souvent trait qu’à 2 types d’antibiotiques, le chloramphénicol et les nitrofuranes.
 
«En matière de tests, les Etats-Unis, qui ciblent quelques médicaments, passent probablement à côté d’un nombre important de ceux détectés à l’entrée de l’UE, du Canada et du Japon», expliquent les auteurs.
 
En mai dernier, le Government Accountability Office (GAO), équivalent américain de notre Cour des comptes, avait déjà critiqué la FDA pour ce faible contrôle sanitaire des produits de la mer importés (voir le JDLE). Il allait même plus loin que cette nouvelle étude, en affirmant que seules 0,1% des importations avaient fait l’objet d’un dosage d’antibiotiques en 2009!
 
[1] Les chercheurs ont pour cela analysé les bilans d’inspection du Système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) pour l’UE, de la Food and Drug Administration (FDA) pour les Etats-Unis, de la Canadian Food Inspection Agency (CFIA) et du ministère japonais de la santé.
 


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