L’Europe plombe le mercure dentaire

Le 07 décembre 2016 par Marine Jobert
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Une interdiction française en 2022?
Une interdiction française en 2022?
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Interdiction pour les femmes enceintes et allaitantes et pour les dents de lait. Obligation de capsules prédosées et de séparateurs d’amalgames dans les cabinets dentaires. L’Union européenne se dirige lentement vers une élimination du mercure dans les bouches européennes.

Trois ans après la signature de la convention de Minamata, le mercure dentaire recule encore un peu plus. A la veille du trilogue qui s’est tenu le 6 décembre, tout était encore ouvert, entre une Commission partisane du statu quo, un Parlement européen en faveur d’une interdiction d'ici 2022 et des Etats membres divisés. Tard dans la nuit, une position commune a émergé.

Dents de lait exclues

Sans surprise, les capsules prédosées et les séparateurs d’amalgames dans les cabinets de dentistes seront obligatoires à partir du 1er janvier 2019. Sauf exception correspondant à un besoin médical spécifique, les amalgames ne devront plus être posés chez les femmes enceintes ou allaitantes, ni sur les dents de lait des enfants de moins de 15 ans, à compter du 1er juillet 2018. Un an plus tard, les Etats membres devront présenter leur plan pour diminuer l'usage de ce qui constitue la première source d’imprégnation mercurielle pour les Européens. Enfin, la Commission s’est engagée à étudier d'ici 2020 comment réguler les émissions de mercure provenant des crématoriums et la faisabilité de supprimer les amalgames sur le long terme, si possible d'ici 2030. 

Particularité hexagonale, la France arrive largement en tête des pays européens pour ce qui est du mercure dentaire: selon un rapport publié en mars 2012 par BIO Intelligence Service, les dentistes tricolores utilisent 17 tonnes de mercure dentaire par an, soit 22% du total européen. Elle est suivie par la Pologne (10 t, 13%), loin devant d’autres pays. Notamment la Suède, qui a interdit les amalgames à base de mercure en 2009.

Victoire pour la santé

Ce trilogue avait des allures de rendez-vous de la dernière chance pour toutes les associations[1] qui travaillent à l’élimination de ce métal toxique. «L'interdiction, dès 2018, pour les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes, n'est pas une mince victoire, se réjouit Geoffroy Bégon, président de l’association Non au mercure (NAM). Même si c'est discutable -pourquoi seulement les dents de lait? Pourquoi ne pas l’interdire pour toutes les filles et les femmes, susceptibles de devenir mères un jour ou l'autre?-, c'est un signal très fort.»

Les crématoriums, plus gros émetteurs

La France, qui avait approuvé le rapport de la commission Environnement du Parlement européen en juillet dernier, se voit encouragée. «Il y a une fenêtre ouverte pour que la France prenne des mesures plus strictes que l’Union, espère Geoffroy Bégon. Pourquoi pas l'interdiction d'ici 2022?» Reste la question des émissions de mercure par les crématoriums, qui constitue un vrai gouffre financier -82 millions d’euros seraient nécessaires pour la mise aux normes des crématoriums de France pour capter le mercure qui s’échappe des ‘plombages’ des défunts incinérés- dont on ne pourra «se tirer intelligemment qu'avec une interdiction rapide», estime le président de Non au mercure.

 

 


[1] Au plan européen, WECF international, HEAL, EEB, HCWH; et au plan national France Nature Environnement, WECF France, la Fondation Pézerat, Générations Cobayes, ATC et NAM.

 



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