L’Europe ne sauve pas ses stocks de poisson

Le 13 juin 2012 par Stéphanie Senet
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Prochaine étape au Parlement européen
Prochaine étape au Parlement européen

Sans grande surprise, l’accord conclu le 12 juin à Luxembourg par les ministres européens pour réformer la politique commune de la pêche (PCP) affiche des objectifs revus à la baisse.

Censée entrer en vigueur dès 2014, la proposition mise au point par la commissaire européenne en charge de la pêche, Maria Damanaki, comptait pourtant mettre en œuvre «de vrais changements par rapport au passé», afin d’apporter des solutions durables au problème de la surpêche, qui touche 80% des stocks de poisson en Méditerranée (voir JDLE).

20 heures d’âpres négociations ont réduit l’accord à peau de chagrin. La mise en place immédiate d’une interdiction des rejets de poissons non commercialisables a notamment été reportée selon un calendrier qui doit encore être discuté au Parlement, mais qui pourrait instaurer une mise en place progressive dans l’Atlantique d’ici 2018 et en Méditerranée d’ici 2019. Cette pratique est jusqu’à présent tolérée dans les eaux européennes.

En ce qui concerne les concessions de pêche transférables, dont l’objectif est de permettre une régulation par le marché du nombre de navires tout en responsabilisant les pêcheurs, la liberté est laissée aux Etats de les mettre en place ou non. Pour le ministre français en charge de la pêche, Frédéric Cuvillier, il s’agit d’éviter «une privatisation de la ressource».

Les ministres ont également rejeté la proposition de supprimer les aides à la flotte à partir de 2013.

Si la France s’est réjouie de ce compromis, tous les Etats ne sont pas du même avis. La Suède et les Pays-Bas, qui ont voté contre, regrettent que le texte présenté par la Commission ait été vidé de sa substance. Le Portugal, la Slovénie et Malte l’ont rejeté pour des raisons inverses, à savoir une place trop grande accordée aux facteurs environnementaux.

Plusieurs ONG ont également déploré un manque d’ambition. «Le résultat est très décevant, mais les ministres ne remettent pas en cause la nécessité de changer la gestion de la pêche, ils ont juste admis qu’ils ne sont pas prêts à le faire maintenant», estime Xavier Pastor, directeur d’Oceana Europe, une association spécialisée dans la protection des océans.

Pour Greenpeace, l’approche des ministres est dommageable à la réforme de la PCP, puisqu’elle autorise la surpêche pendant au moins une autre décennie. «Les ministres n’ont pas tenu leur promesse d’une refonte de la gestion européenne de la pêche. Ils condamnent ainsi les poissons et les pêcheurs à 10 ans supplémentaires de surpêche et de déclin des stocks, ce qui aura des conséquences désastreuses pour certaines espèces comme le cabillaud, le merlu ou le thon. C’est au tour du Parlement de reprendre la main sur la réforme», affirme Saskia Richartz, directrice européenne de la politique des océans à Greenpeace.

Hormis le vote au Parlement, prévu en novembre, d’autres mesures doivent encore être examinées avant la fin 2012. Ainsi, les négociations sur la mise en place du futur fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche pour la période 2014-2020 –en remplacement de l’actuel fonds européen pour la pêche- débuteront à l’automne prochain.

http://www.consilium.europa.eu//uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/agricult/130884.pdf



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