L’Europe ne sait que faire des sables bitumineux

Le 23 février 2012 par Stéphanie Senet
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La question est renvoyée aux ministres de l'environnement de l'UE
La question est renvoyée aux ministres de l'environnement de l'UE

Les experts des 27 Etats membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à se mettre d’accord, aujourd’hui 23 février, sur le classement des sables bitumineux dans une catégorie très polluante. Ils étaient invités à se prononcer sur ce sujet à l’occasion de la mise en œuvre de la directive relative à la qualité des carburants.

«Il n’y a pas eu de majorité qualifiée pour ou contre», a détaillé Isaac Valero Ladron, porte-parole de la Commission européenne pour les questions liées au climat. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni se sont notamment abstenus. L'Espagne, l'Italie et la Pologne ont voté contre. Plusieurs pays scandinaves, comme la Suède, ont en revanche voté pour.

La proposition va désormais être renvoyée aux ministres de l’environnement, qui se réuniront en juin. Si ceux-ci l’adoptent, elle sera ensuite soumise au vote des députés européens.

La commissaire européenne à l’action pour le climat, Connie Hedegaard, estime avoir évité le pire. Elle craignait en effet un rejet du texte en raison de toutes les actions de lobbying engagées pour la le combattre, en référence au Canada, premier producteur mondial, et aux grandes compagnies pétrolières. «J'espère que les gouvernements vont réaliser qu'il est nécessaire de prendre en compte les émissions bien plus élevées des carburants non-conventionnels», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La directive sur la qualité des carburants (DQC) associe chaque carburant à une valeur d’émission de gaz à effet de serre. Le total s’annonce lourd pour les sables bitumineux, en raison de l’importante quantité d’énergie nécessitée par leur extraction, lourde et difficile (107 grammes d’équivalent CO2 par mégajoule contre 87,5 g pour le pétrole brut).

Principal opposant au projet, le Canada s'est réjoui que la proposition n'ait pas été votée. Son ministre des ressources naturelles, Joe Oliver, a de nouveau averti que si l'UE persistait dans cette voie, Ottawa envisagerait un recours auprès de l'Organisation mondiale du commerce.

L’association Les Amis de la terre a, elle, regretté dans un communiqué que l’Europe a manqué l’occasion de bouter définitivement l’extraction des sables bitumineux «climaticides» hors de son territoire.  

«Les sables bitumineux sont les carburants les plus polluants au monde. Les ministres doivent faire front face à l'industrie pétrolière et les bannir d'Europe», a renchéri Franziska Achterberg de Greenpeace. Rendez-vous en juin.



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