L’Europe ne parvient pas à réduire la pollution chimique du milieu marin

Le 15 mai 2019 par Stéphanie Senet
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Contamination généralisée
Contamination généralisée

Entre 75% et 91% de la superficie des mers européennes sont toujours contaminées par des polluants chimiques, selon la première cartographie publiée ce 15 mai par l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Un résultat qui signe l’échec de la stratégie européenne sur le milieu marin.

Si la contamination est en baisse dans les 4 mers de l’Union européenne, elle reste élevée. Elle touche 75% de la superficie de l’Atlantique du Nord-Est, 87% de la Méditerranée, 91% de la mer Noire, et même 96% de la mer Baltique, selon l’évaluation de l’AEE réalisée à partir de prélèvements sur 1.541 sites.

Métaux lourds en tête

Même chose pour les polluants. Les concentrations déclinent (mer du Nord et Atlantique du Nord-Est surtout), mais elles restent trop élevées dans de nombreuses zones côtières pour le cadmium et le mercure. Les métaux lourds représentent les principaux polluants des mers européennes, avec les retardateurs de flamme bromés, polychlorobiphényles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Autant de substances aux effets très toxiques pour la faune marine. Autre point noir: les concentrations de DDT ne régressent toujours pas en Méditerranée.

Cette cartographie des contaminations est la première d’une longue série. Elle sera suivie, selon l’AEE, par des évaluations de l’eutrophisation, la biodiversité marine, les effets combinés des pressions humaines, les aires marines protégées.

Echec des politiques de prévention

Sans surprise, l’objectif d’un bon état écologique du milieu marin ne sera pas atteint en 2020 dans l’Union européenne. Contrairement à ce qui est fixé par la directive-cadre Stratégie sur le milieu marin. Même échec de l’objectif de développement durable visant la prévention et la réduction significative des pollutions marines –en particulier celles qui résultent des activités terrestres– d’ici 2025 (ODD N°14.1). Ou encore de la fin de la contamination de la mer Baltique par des substances dangereuses en 2021 (plan d’action pour la Baltique de 2007). Ou encore de la dépollution de la Méditerranée en 2020. Etc. etc.

Un changement radical 

«La façon de traiter la pollution marine doit changer de façon radicale», rappellent les auteurs du rapport. Pour éviter la contamination par des substances persistantes, une seule solution: éviter ou réduire leur utilisation à la source, en revoyant nos modes de production et de consommation. Inutile de perdre du temps à légiférer de nouveau. L’urgence est de mettre en œuvre tous les objectifs existants, conclut le rapport.



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