L’Europe inspecte la réhabilitation d’un lycée angevin

Le 22 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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chevrollier
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Le programme européen Revival finance les études de suivi de la réhabilitation du lycée Chevrollier à Angers. Les ingénieurs suivent les consommations d’énergie de ces bâtiments, le bien-être des élèves et professeurs, la durabilité des matériaux utilisés.

Le lycée Chevrollier est une institution angevine. Construit en 1959, cet établissement scolaire accueille tous les ans 2.700 élèves et 500 professeurs. La réhabilitation de ses 42.000m2 a été décidée au début des années 2000. Le bâtiment a beaucoup vieilli. Ses 300 mètres de façade orientées Nord-Sud en font une fournaise dès les beaux jours, tandis que l'hiver, on peine à chauffer toutes les classes situées au nord. On veut aussi en finir avec la séparation entre élèves des filières générales et techniques. Les futurs bacheliers de l'enseignement général occupent en effet les bâtiments les mieux conservés tandis que les lycéens du technique travaillent dans des ateliers contenant de l'amiante. La réhabilitation doit donc à la fois améliorer le confort général des bâtiments, réduire la facture de chauffage et faire disparaître les discriminations.

Ce projet lourd représente un montant global de 35 millions d'euros à la charge du Conseil régional des Pays-de-Loire. Le surcoût de la mise en oeuvre de techniques de haute qualité environnementale (HQE) ainsi que les éco-bilans des matériaux utilisés et la gestion des déchets du chantier sont estimés à 10% du montant total des travaux. L'Europe a accordé une subvention de 1,3 million d'euros via le programme «Retrofitting for environmental viability improvement of valued architectural landmark's» (Revival), un projet de recherche sur cinq ans supporté par le cinquième programme cadre «Energie» de la Commission européenne. Il s'agit d'étudier les bilans d'émissions des gaz à effet de serre (GES) issus des chantiers de réhabilitation de bâtiments existants. C'est dans la rénovation que va en effet se jouer l'efficacité des politiques de réduction des GES dans l'habitat. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), 70% des bâtiments actuels seront toujours en activité en 2050.

«La démarche a commencé par une étude d'un an sur le confort thermique des bâtiments, explique Gérard Gaudin, gérant de Gaudin ingénierie, l'entreprise qui a piloté ce chantier de haute qualité environnementale. On a pu ainsi prendre la mesure des déperditions de chaleur et de l'inconfort ressenti par les occupants ». La destruction des ateliers contenant de l'amiante a facilité le traitement énergétique des bâtiments. Les architectes ont dessiné les nouveaux ateliers du lycée technique en vis-à-vis du lycée général. Les deux structures sont séparées par un atrium couvert : «cet atrium est ouvert l'été, fermé l'hiver, décrit Gérard Gaudin. Il sert de lieu de rencontre pour les élèves quelques soient leurs filières. Ouvert, il ventile et rafraîchit les deux façades des bâtiments. Fermé, il évite les déperditions d'énergie de deux façades». Les fenêtres exposées au sud ont été plus difficiles à traiter. Gaudin ingénierie a installé des pare-soleils d'aluminium pour réduire l'intensité lumineuse. Dans l'ensemble des classes, les architectes ont recherché en priorité l'éclairage naturel.

Tous les matériaux utilisés sur le chantier ont subi un éco-bilan. Les frais de transports ont même été intégrés dans les calculs de dépense en énergie du chantier. Les déchets ont été strictement triés pour recyclage. Profitant des subsides européens, Gérard Gaudin a porté le plus loin possible les exigences HQE. En fin de chantier, le surcoût de ces mesures s'est élevé à 3.658.800 euros. Reste donc désormais à calculer si cet investissement est bien rentable.

L'objectif est en effet de réduire la consommation énergétique du lycée de 60% et de réduire ainsi de moitié les émissions de CO2. Jusqu'en 2008, toutes les factures d'énergie du lycée vont donc être épluchées, l'usage social des bâtiments et notamment de l'atrium, étudié; les matériaux utilisés être auscultés. L'Europe et le Conseil régional entendent ainsi faire la démonstration de l'intérêt écologique, économique et social de la démarche. Pour l'étendre évidemment aux dizaines de bâtiments administratifs à réhabiliter dans les prochaines années.


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