L’Europe fait un pas pour limiter la surpêche

Le 30 mai 2013 par Stéphanie Senet
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L'interdiction des rejets en mer est validée, avec des exceptions possibles jusqu'à 5% des captures
L'interdiction des rejets en mer est validée, avec des exceptions possibles jusqu'à 5% des captures
© Oceana

Le Parlement européen et le Conseil des ministres sont tombés d’accord, dans la nuit du 29 au 30 mai, sur l’interdiction des rejets en mer de poissons, l’objectif de rendement maximal durable, la gestion et la régionalisation de la capacité de la flotte. Il s’agit de l’avant-dernier acte de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), qui vise à limiter la surpêche touchant 80% des stocks de poissons en Méditerranée et 47% des stocks de l’Atlantique du Nord-est.

Les rejets en mer, qui représentent aujourd’hui un quart des prises (poissons trop petits, abîmés ou hors quotas), seront donc progressivement prohibés à partir du 1er janvier 2014. Un calendrier précisera les dates spécifiques pour les différents types de pêche.

Le Parlement, qui souhaitait une interdiction totale, a finalement accepté qu’une exemption touche 5% des captures totales, tandis que le Conseil des ministres a concédé de réduire l’exception de 7% à 5%.

L’exception ne sera toutefois pas automatique. «Elle ne sera autorisée qu’à titre exceptionnel et sur demande particulière», s’est félicitée l’eurodéputée allemande Ulrike Rodust, rapporteure du dossier.

La commissaire européenne chargée de la pêche et des affaires maritimes, Maria Damanaki, a aussitôt salué cet accord, qu’elle a qualifié «d’avancée historique pour tous les acteurs des secteurs de la pêche et de l’aquaculture». «Nous allons changer radicalement notre façon de pêcher dans le futur», a-t-elle ajouté, après avoir œuvré pendant trois ans pour trouver un accord limitant la surpêche.

Les ONG ont également réagi positivement. Greenpeace France a salué «les positions progressistes de l’Union européenne» tout en déplorant que la France se soit battue pour maintenir l’ancien système. Autre bémol: l’association relève qu’aucune échéance précise n’est fixée pour la reconstitution des stocks de poissons.

Oceana évoque de son côté «un accord prometteur», soulignant que la future PCP visera enfin des objectifs de reconstitution plus ambitieux que ceux définis par le Rendement maximal durable (RMD). L’ONG reste toutefois attentive à la suite des événements. «Le succès de toute politique dépend de deux éléments: le texte et ce qu’on en fait. Si la PCP de 2002 n’était en rien parfaite, une meilleure application aurait permis de pallier ses défauts», déclare Amélie Malafosse, chargée de mission à Oceana.

Avant d’être publié au Journal officiel de l’Union européenne, cet accord doit encore être voté en session plénière au Parlement, ainsi que par les représentants des 27 Etats membres.



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