L’Europe: climate ready pour 2030?

Le 09 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Européens auront du mal à produire, en 2020, 20% de l'énergie finale à partir de renouvelables.
Les Européens auront du mal à produire, en 2020, 20% de l'énergie finale à partir de renouvelables.
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Jusqu’à présent, les pays membres de l’Union européenne se rangent plutôt dans la catégorie des bons élèves de la classe carbonique. Mais qu’en sera-t-il demain? C’est la question posée par une batterie d’études publiées, séparément, par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) et l’Agence d’évaluation de l’environnement néerlandaise (PBL).

Dans deux rapports, mis en ligne ces derniers jours, l’AEE souligne les bonnes performances passées et actuelles des pays membres de l’Union européenne. Globalement, les 28 ont abaissé de plus de 19% leurs émissions de gaz à effet de serre, entre 1990 et 2012. En fermant leurs industries lourdes, pour les uns, et en switchant du charbon au gaz, pour les autres, les anciens pays du bloc communiste, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont réalisé les plus gros efforts en la matière [1]. Durant la même période, la France n’a réduit ses rejets que de 12%. Pas si mal.

En adoptant, en 2009, son paquet Energie-climat, l’Europe s’est engagée tout à la fois à réduire de 20% ses rejets carbonés (entre 1990 et 2020), à consommer 20% d’énergies renouvelables en 2020 et à améliorer de 20% son efficacité énergétique (en 2020 par rapport à un scénario de référence). Le fameux 3 x 20% était né.

Collectivement, les 28 sont proches d’atteindre leur premier objectif. Au cas par cas, c’est moins évident. Une seconde note de l’AEE rappelle que l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande et le Luxembourg n’ont, aujourd’hui, aucune chance d’atteindre leurs objectifs nationaux, notamment dans les secteurs non couverts par la directive Quotas (l’habitat et les transports, en particulier). Il leur faudra donc renforcer leurs politiques ou acheter d’importants volumes de crédits carbone pour assurer leur conformité.

Objectif renouvelable hors d’atteinte…

L’objectif renouvelable sera difficile à atteindre pour un plus grand nombre d’Etats membres. Entre 2010 et 2011, l’Europe a, collectivement, consommé 10,7% d’énergies renouvelables, soit la moitié du chemin à parcourir d’ici 2020. En 2011, 14 pays membres ont atteint ou dépassé leurs objectifs intermédiaires, fixés par la directive Energies renouvelable (2009/28/CE) et leur plan national. L’Estonie a même déjà atteint ses buts avec près d’une décennie d’avance. Tel n’est pas le cas, en revanche, de l’Autriche, de la Belgique, de Chypre, du Danemark, de la France, de l’Irlande, de la Lettonie, de Malte, des Pays-Bas, de la République tchèque, de la Pologne et du Royaume-Uni qui ont déjà manqué l’un de leurs rendez-vous intermédiaires. Ce qui pourrait leur valoir une procédure d’infraction, si la Commission estime la transposition de la directive Energies renouvelables insuffisante.

… tout comme l’efficacité énergétique

La situation est plus inquiétante encore pour l’amélioration de l’efficacité énergétique. L’AEE estime qu’à l’exception de l’Allemagne, de la Bulgarie, du Danemark et de la France, aucun des 24 autres pays membres n’a produit les efforts nécessaires pour qu’en 2020, la demande d’énergie communautaire n’excède pas 1.483 millions de tonnes équivalent pétrole.

Aucun des 28 n’est en passe non plus d’atteindre les trois «20%», souligne l’agence basée à Copenhague. Ce bilan intermédiaire n’est pas des plus réjouissants, au moment où l’Europe tente de définir (peut-être lors du Conseil européen de mars 2014?) sa politique climatique à long terme. En se basant sur l’objectif proposé par la direction à l’action climatique (-40% entre 1990 et 2030), l’agence d’évaluation de l’environnement néerlandaise s’est essayé à fixer les buts qui pourraient être assignés à chaque Etat membre.

Comme on pouvait s’y attendre (ou le redouter), le plus gros des efforts devra être effectué par des pays ayant déjà beaucoup donné (Allemagne, Royaume-Uni) ou peinant à remplir leurs objectifs actuels (Finlande, Italie, Pays-Bas). La France pourrait devoir réduire de 40% ses émissions. Ce qui est trois fois supérieur à son score pour la période 1990-2012.

 

[1] La Lituanie, l’Estonie et la Lettonie ont baissé leurs émissions, respectivement, de 55%, 48% et 57%, la Roumanie de 50%, la République tchèque de 35%, la Bulgarie de 43%, la Hongrie de 36%, la Pologne de 15%. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont abaissé les leurs de 25,7%.



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