L’Europe au cœur d’un scandale minier en Afrique

Le 09 décembre 2010 par Célia Fontaine
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 La Banque européenne d'investissement (BEI) est soupçonnée d’avoir utilisé pour un projet minier en Zambie des fonds européens pour le développement afin de soutenir des multinationales, sans prendre en considération les populations locales, l'environnement ou l'emploi. C’est ce qui ressort d’un rapport de mission sur la mine de cuivre Mopani (Zambie), publié le 9 décembre par les Amis de la terre.

Soupçons d'évasion fiscale, pollutions massives, violations des droits de l’homme, l’enquête sur le terrain des Amis de la terre, réalisée en partenariat avec un réseau de 12 ONG zambiennes travaillant sur le commerce et le développement et Counter Balance[1] n’est pas tendre avec la BEI et les Etats membres.

A l’origine du scandale, la décision de la BEI en février 2005 d’investir 48 millions d'euros[2] dans la mine de cuivre de Mopani, gérée par le consortium Mopani Copper Mine (MCM) dont l'actionnaire principal est l'entreprise suisse très controversée Glencore.

Or ce projet « profite essentiellement à ses actionnaires - dont Glencore - au détriment de la Zambie », écrit Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la terre et auteure du rapport.

Pourtant, localement, une aide financière ne serait pas de trop. Les agriculteurs qui ont été expulsés de leurs terres pour les besoins de la mine se retrouvent en situation précaire. Les indemnisations manquent également en matière d’environnement : les eaux ont été contaminées à l'acide sulfurique, l'air au dioxyde de soufre, et « la production massive de déchets a des conséquences sanitaires lourdes sur la santé des riverains », constate le rapport.

Pour Savior Mwambwa, directeur de l'ONG zambienne CTPD, « il y a une très grande opacité autour de leurs opérations minières, ce qu'ils produisent, en quelles quantités. Ils profitent du fait que le gouvernement n'a pas la capacité de contrôler leurs activités et soit complètement dépendant des informations données par la compagnie ».

Les Amis de la terre demandent à la BEI et à la France, qui fait partie des 4 plus gros actionnaires de la BEI, avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie, d'adopter immédiatement un moratoire sur les investissements dans le secteur minier « tant que [la banque] n'est pas capable d'en contrôler les impacts ».



[1] coalition européenne d’ONGs travaillant dans les secteurs du développement et de l’environnement, qui vise à réformer la Banque européenne d’investissement.

[2] Depuis 2000, la BEI a signé pour 650 millions d'euros de prêts à des mines en Afrique. De manière globale, elle gère en 2009 un portefeuille de prêt de 79 milliards d’euros.



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