L'Europe, à l'origine de la déforestation illégale

Le 18 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Des vaches dans l'Etat brésilien du Mato Grosso, l'un des plus touchés par la déforestation
Des vaches dans l'Etat brésilien du Mato Grosso, l'un des plus touchés par la déforestation
Markus Mauthe, Greenpeace

L’Union européenne est le principal importateur mondial de produits issus de la déforestation illégale, a révélé le 17 mars un rapport publié par l’ONG Fern.

 

En 2012, des pays européens ont importé du soja, de la viande de bœuf, du cuir et de l’huile de palme issus de terres déboisées illégalement dans les régions tropicales pour un montant de 6 milliards d’euros[1]. Ce qui place l’UE loin devant l’Amérique du Nord et la Chine (en valeur par habitant).

Toutes les deux minutes, entre 2000 et 2012, l’équivalent de la superficie d’un terrain de football a été déboisé illégalement pour exporter des matières premières en Europe et notamment aux Pays-Bas, en Allemagne (surtout de l’huile de palme), au Royaume-Uni (bœuf, soja et huile de palme), la France (soja) et en Italie (huile de palme et cuir). Entre 1990 et 2008, une superficie de forêt égale à celle du Portugal a été coupée en toute illégalité.

Brésil et Indonésie en tête

60% de ces importations proviennent du Brésil (élevages de bétail et cultures de soja) et 25% d’Indonésie (palmiers à huile et bois). Mais la plupart des forêts tropicales touchées par la déforestation sont aussi concernées, comme celles de République démocratique du Congo (RDC), Malaisie, Tanzanie, Libéria et Cambodge.

A lui seul, le défrichement illégal des terres en vue de l’exploitation agricole commerciale représente la moitié de la déforestation dans les zones tropicales depuis 2000, selon une étude publiée en septembre dernier par Forest Trends. L’illégalité touche aussi bien les droits fonciers que les permis d’exploitation.

Accords bilatéraux et diligence raisonnée

Si l’UE a pris l’engagement de stopper définitivement le défrichement des forêts tropicales d’ici 2030, elle devrait commencer par arrêter ses propres importations, alourdies par les émissions de gaz à effet de serre et les violations des droits humains. Fern recommande de s’appuyer sur les accords bilatéraux conclus par l’UE[2] et sur le principe de «diligence raisonnée» imposé aux importateurs par le règlement européen sur le bois.



[1] Ces importations oscillent précisément entre 3,7 et 7,9 Md€

[2] Les accords de partenariat volontaire ou APV pourraient être étendus au-delà du secteur du bois afin de toucher les matières premières agricoles issues de la déforestation illégale

 



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