L’Europe a encore beaucoup à faire

Le 11 août 2010 par Thérèse Rosset
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La France a commis 26 infractions en 2009
La France a commis 26 infractions en 2009

En compilant les données nationales et les statistiques d’Eurostat, la Commission établit un état des lieux des politiques environnementales des 27 membres de l’Union. Etat des lieux pas très flatteur. Revue de détails.

Comme chaque année, la direction de l’environnement de la Commission européenne évalue les politiques environnementales des 27. Publiée mardi 10 août, la mouture 2010 donne une vague idée de la prise en compte de l’environnement dans les politiques publiques des pays membres de l’UE. Et si, en apparence, le Vieux monde est remarquable, dans les faits le chemin est encore long. « Les 27 Etats membres ont adopté et appliqué une variété de mesures de politique environnementale en 2009[…], néanmoins, certaines tendances demeurent préoccupantes », résume Janez Potocnik, commissaire européen à l’environnement.

Exercice de synthèse, l’ Environment Policy Review 2009 analyse les politiques nationales en vue d’établir les performances environnementales de l’UE. Des performances, somme toute, très partielles car ne portant que sur les 4 priorités du 6e programme d’action environnemental : changement climatique, nature et biodiversité, environnement et santé, ressource naturelles et déchets.

La France ne déroge pas à ce constat : très remarquées, ses lois Grenelle ne font pas oublier ses nombreux points faibles.

L’Hexagone brille ainsi par la réduction exemplaire de ses rejets de CO2, à l’image de l’UE, première au niveau mondial devant les Etats-Unis et le Japon. Les émissions françaises pour 2008 étaient 6,5 % plus basses que celles comptabilisées en 1990 (contre -1,2 % en 2000). D’ores et déjà, la France est allée au-delà des objectifs assignés par le protocole de Kyoto [la stabilisation de ses émissions au niveau de 1990].

Ces efforts sont appréciés à Bruxelles, d’autant que le changement climatique est à l’origine, estime la Commission, de nombreux désastres naturels. Tempêtes, inondations, températures extrêmes, sécheresse ont triplé durant cette décennie. Entre 1980 et 1989, les pays de l’UE ont subi 100 « catastrophes » climatiques, contre 360 la décennie suivante. Les inondations sont les risques majeurs du moment : 160 ont marqué les années 2000, contre 70 les années 1980.

Gaz à effet de serre mis à part, les Européens n’ont pas grand chose à envier aux politiques françaises. A commencer par le secteur des énergies renouvelables (ENR). Leur part dans la consommation énergétique finale française atteint 11 %, plaçant la France très loin derrière la Suède, leader avec 43 % d’ENR. Les pires élèves en la matière sont Malte (1 %), le Luxembourg (1,5 %) et le Royaume-Uni (2 %). Paradoxe : alors que les inondations augmentent, la quantité d’électricité produite à partir de l’énergie hydraulique est en net déclin dans toute l’UE (11,6 % en 2000 ; 9,6 % en 2008).

La préservation de la nature est l’un des grands points faibles des 27. « L’UE ne parviendra pas à enrayer la perte de la biodiversité, objectif fixé pour 2010», déplore d’ailleurs le rapport. Depuis 1990, le nombre d’oiseaux a chuté de 10 %. Mauvaise nouvelle, si l’on se souvient que l’avifaune est représentative de l’intégrité des écosystèmes. En France, la proportion des sites Natura 2000 stagne depuis 2007 (12,4 % du territoire terrestre en 2007, 12,5 % en 2009). L’agriculture biologique n’y est pas non plus un point fort : 2 % des terres agricoles cultivées (contre 1,3 % en 2000). A peine la moitié de la moyenne européenne, se situant à 4,5 %.

Plutôt bonne élève jadis, la France a délaissé le fret ferroviaire. Seules 15,9 % des marchandises sont véhiculées par le train, contre 20,6 % il y a 10 ans (moyenne de 17,4 % pour l’UE). Un désamour qui a profité à la route, laquelle a gagné plus de 4 points depuis 2000 (80,7 % en 2008).

Autre talon d’Achille, la production de déchets. En 2006, chaque Français générait 424 kilogrammes d’ordures ménagères (OM) contre 412 en 2004. L’équipe de France occupe donc la 17 e place dans le championnat d’Europe des producteurs d’OM. Côté recyclage, les performances sont dignes d’éloge : 62,1 % des déchets tricolores « traités » ont été recyclés en 2007, la moyenne européenne plafonnant à 42,5 %.

Nonobstant ces résultats honorables, l’Hexagone se fait épingler pour son manque de respect de la législation européenne sur les déchets ou la non-application des jugements rendus par la Cour européenne de justice : 8 manquements aux règles concernant les ordures ont été signalés l’an passé au ministère de l’écologie. Au total, les 27 ont été épinglés, en 2009, pour avoir commis 451 infractions « environnementales », dont 26 imputées à la France, qui se trouve reléguée au 22 e rang européen. Pas de quoi pavoiser… 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus