L'Eure-et-Loir mise sur l'agro-industrie

Le 26 septembre 2005 par Claire Avignon
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Le 22 septembre, lors d'un colloque sur les bioproduits et le développement durable, le président du conseil général (CG) d'Eure-et-Loir a annoncé sa volonté de développer l'industrie liée aux bioproduits.

Cela fait plus de 10 ans que la chambre de l'agriculture d'Eure-et-Loir réfléchit à développer les débouchés non alimentaires de son secteur. Plus exactement depuis la réforme de la politique agricole commune (Pac) de 1993 qui a mis en place un système de jachères pour réguler la production ainsi qu'une baisse des prix garantis. «Nous nous sommes alors rendus compte que nous dépendons trop des décisions de Bruxelles et qu'il nous fallait créer des activités avec de la valeur ajoutée, explique Philippe Lirochon, président de la chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir. Cependant cela n'a pas marché, pour 3 raisons essentielles: la recherche n'avait pas encore trouvé de solutions industriellement viables, le pétrole était trop bas pour valoriser les biocarburants et les bioplastiques, et les industries roulaient pour leur propre compte.»

Aujourd'hui, ces freins ont disparu. Le succès de sociétés qui ont parié sur les produits issus de l'agriculture l'illustre bien, à l'instar de Technilin qui vend à des constructeurs automobiles (Citroën, Opel) des matériaux composites à base de fibres de lin mélangées. L'entreprise normande va bientôt doubler sa capacité de production et avoue même refuser de nouveaux clients. Ceci est possible parce que, selon Philippe Lirochon, «les phases de recherche fondamentale et de recherche et développement sont arrivées à maturité, ce qui rend possible le développement de bioproduits.» Un propos repris par Albéric de Montgolfier, président du conseil général d'Eure-et-Loir qui a annoncé au colloque bioproduits et développement durable, «une stratégie volontariste en faveur des bioproduits» ainsi que la création d'une association nommée Agrodynamique qui liera le CG, les chambres consulaires et les chercheurs, dont le centre universitaire de Chartres tourné vers la biologie et la chimie du végétal.

L'Eure-et-Loir espère faire partie des élus qui accueilleront l'une des 20 usines de transformation de biocarburants annoncées par le gouvernement, même si la compétition entre collectivités locales va être dure. Mais le département compte avant tout sur les biomatériaux et des molécules biologiques, en s'appuyant pour cela sur le pôle de compétitivité Science de la beauté et du bien-être (1) portée par l'association locale Cosmétic valley. L'un des deux domaines clés annoncé est d'ailleurs le développement de molécules de base issues des végétaux. Le pôle de compétitivité devrait aussi permettre de créer des emballages issus de produits agricoles. En outre, l'Eure-et-Loir compte sur l'appel d'offres que devrait prochainement annoncer l'Institut national de recherche agronomique (Inra) sur les agrotransferts qui lie recherche et développement.

L'Eure-et-Loir vient donc de rejoindre la Picardie et la Champagne-Ardenne dans la volonté de développer les débouchés non alimentaires, qui pourraient représenter jusqu'à 30% du chiffre d'affaires national d'ici 2040, selon Claude Roy, qui devrait bientôt être nommé coordinateur interministériel pour la valorisation de la biomasse. Toutefois, avertit Philippe Lirochon, «pour pérenniser l'agriculture qui se trouve aujourd'hui dans une crise profonde, les industriels ne devront pas établir le prix de nos matières premières trop bas. Les pouvoirs publics ont aussi un rôle à jouer puisqu'ils lancent les appels d'offres. Nous ne voulons plus travailler en-dessous de notre seuil de rentabilité.»



(1) Appelé aussi Cosmetic valley, ce pôle de compétitivité regroupe le Centre, l'Ile-de-France et la Haute-Normandie.




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