L’étiquette Energie souvent très pudique

Le 15 septembre 2015 par Romain Loury
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Bientôt révisée au niveau européen
Bientôt révisée au niveau européen
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En France, plus d’un appareil ménager sur deux présente une étiquette Energie non conforme, révèle une enquête publiée mardi 15 septembre par l’association UFC-Que Choisir. Le bonnet d’âne revient aux magasins en ligne, où ce taux atteint 90%.

Mise en place en France en 1992, l’étiquette Energie, qui permet aux consommateurs d’opter pour les produits les moins énergivores (malgré une efficacité en demi-teinte), est obligatoire au niveau européen depuis 2010. On pourrait la croire désormais bien établie, ses modalités d’affichage dûment respectées… c’est pourtant loin d’être le cas, comme le révèle l’UFC-Que Choisir.

Volet de l’étude européenne MarketWatch, cette enquête révèle que 56% des produits présentent un étiquetage non conforme, voire absent, parmi plus de 3.400 analysés en France par l’association. Le pays fait moins bien que la moyenne européenne, de 48%.

Parmi les non-conformités, l’absence pure et simple, mais aussi une étiquette placée dans un endroit inaccessible au consommateur (par exemple à l’intérieur de l’appareil) ou dans un format incorrect (copie noir et blanc, échelle sans indication de la classe énergétique du produit).

Les grandes surfaces à la traîne

Avec 72% de conformité, les enseignes physiques s’en tirent de manière très médiocre, l’étiquetage y demeurant absent dans 20% des cas. Parmi les bons élèves, Boulanger (73%), Conforama (67%) et Darty (79%), tandis qu’Auchan et Carrefour se tiennent respectivement à 66% et 65% d’étiquettes conformes.

Du côté des magasins en ligne, c’est la bérézina: le taux de non-conformité «oscille autour de 90%», des résultats aussi mauvais pour les sites marchands (Ubaldi, Rue du commerce, Cdiscount, Les 3 Suisses, La Redoute, Amazon) que pour ceux des grandes surfaces (Darty, Auchan, Carrefour, Boulanger), note l’UFC-Que Choisir.

Toutes enseignes confondues, les fours font un four, avec seulement 48% d’étiquettes conformes et 35% d’inexistantes. Les téléviseurs font un peu mieux (67% de conformité), tandis que c’est avec les réfrigérateurs que la réglementation est la mieux appliquée (92%).

Une classification bientôt révisée

Au-delà de ces défauts majeurs d’affichage, déjà pointés en juin par la DGCCRF [1], l’UFC-Que choisir fustige le caractère «obsolète» de la classification, alors que plusieurs produits, dont les réfrigérateurs et les lave-linge, n’existent désormais, au minimum, qu’en classe A+.  «Résultat : quand il choisit un réfrigérateur de classe A+, le consommateur, pensant faire un geste écologique, ignore acheter en réalité le plus énergivore», dénonce l’association.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé l’UE à réformer l’étiquette Energie, de façon à mieux souligner la différence des performances. Selon la proposition publiée le 15 juillet par la Commission, examinée à l’automne, les nouvelles étiquettes devraient être comprises entre A et G et réévaluées tous les 10 ans. Encore faudra-t-il qu’elles soient bien visibles.



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