L’Ethiopie publie d’intéressantes promesses climatiques

Le 12 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Ethiopiens vont devoir renforcer leur efficacité hydrique.
Les Ethiopiens vont devoir renforcer leur efficacité hydrique.
International Rivers

L’Afrique est bien décidée à se faire entendre lors des prochains rounds de négociations climatiques. Trois pays ont déjà déposé leur contribution nationale à la COP 21 (INDC). Ce qui détonne avec d’autres régions du monde. Aucun pays d’Amérique du Sud, d’Asie ou de l’Océanie n’ont encore déposé leur INDC.

Jeudi 11 juin, alors que s’achevaient les négociations à Bonn, l’Ethiopie déposait sa contribution sur le site de l’ONU. Un programme à l’évidence mûrement réfléchi, contrairement à ceux de «grands» pays comme la Russie ou le Canada.

Addis-Abeba propose de réduire de 64% ses émissions d’ici 2030 par rapport à un scénario tendanciel. Ce qui revient, en gros, à stabiliser à 150 millions de tonnes équivalent CO2 le niveau d’émission national. Celui-ci est très particulier puisque près de 90% des rejets de gaz à effet de serre éthiopiens sont d’origine agricole ou imputables à la déforestation. Les secteurs habituellement les plus énergivores, comme la production d’énergie ou les transports, ne «pèsent» que 6% des émissions locales.

L’ambition éthiopienne est d’autant plus impressionnante que sa population devrait atteindre les 100 millions d’habitants en 2030, contre un peu moins de 90 millions aujourd’hui.

barrages et agriculture

Pour atteindre ses objectifs climatiques, Addis-Abeba va, en gros, élever des barrages et changer ses pratiques agricoles. Notamment, en changeant les cultures (pour des cultures plus résistantes à la sécheresse), en accroissant l’efficacité hydrique et en reforestant. Le programme prévoit notamment la plantation (ou replantation) de 7 millions d’hectares d’anciennes forêts. Ces futurs massifs seront liés aux zones cultivées par des «corridors de biodiversité», pour favoriser l’implantation (ou le retour) d’espèces animales et végétales.

Détail qui ne passera pas inaperçu: l’Ethiopie veut aussi introduire un important système assurantiel, en particulier pour protéger fermiers et bergers des crues et des épisodes de sécheresse. Un projet qui intervient quelques jours à peine après que les pays du G7 ont annoncé leur intention de développer des systèmes d’assurance dans les pays les plus vulnérables aux conséquences des changements climatiques.

géothermie et éoliennes

Côté énergétique, le pays achève l’une des plus puissantes centrales hydroélectriques du monde, sur le Nil bleu. Lancé en 2011, la construction du barrage de la «renaissance» mettra à disposition une capacité de 6.000 mégawatts et donnera la possibilité d’irriguer de grandes surfaces de terres agricoles. Au grand dam de l’Egypte. Le débit du Nil dépend, pour moitié, de l’eau apportée par le Nil Bleu. L’Éthiopie prévoit aussi de développer la production d’électricité par géothermie et par éoliennes.

Au total, l’Ethiopie estime qu’elle devra investir 150 milliards de dollars (134 Md€) d’ici 2030 pour stabiliser les émissions. Pour ce faire, le pays tente d’attirer des capitaux étrangers. Un fonds pour la résilience climatique et l’économie verte (CRGE) vient d’être créé. Il sera abondé, espère le gouvernement, par des fonds étrangers ou multilatéraux.

 



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