L'éthanol inhalé est moins dangereux que l’éthanol ingéré

Le 19 juillet 2010 par Célia Fontaine
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Les travailleurs exposés à l’éthanol par voies cutanée et respiratoire ne courent pas de risque sanitaire à long terme, selon les résultats d’une étude faite par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), annoncés le 16 juillet dernier.

L’expertise collective réalisée à la demande des ministères chargés de l’Ecologie, du Travail et de la Santé, rappelle que plus de 650000 professionnels seraient potentiellement exposés à l’éthanol (présent dans de nombreux produits professionnels comme les peintures, vernis et encres, produits hydro-alcooliques, agrocarburants), par contact cutané et/ou par inhalation.

Si l’ingestion d’éthanol contenu dans les boissons alcoolisées est dangereuse pour la santé, [1] l’inhalation en revanche «  ne conduit pas à l’augmentation significative de la concentration d’éthanol dans le sang, responsable de la plupart des effets toxiques chroniques décrits », précise le communiqué de l’Anses du 16 juillet.

En effet, sur les lieux de travail, les concentrations atmosphériques d’éthanol restent généralement très en deçà (6 à 20 fois) de la valeur limite d’exposition professionnelle française sur 8 heures [2]. Les concentrations d’éthanol dans le sang (éthanolémie) résultant de l’inhalation d’éthanol dans un cadre professionnel sont également très inférieures (50 à 250 fois) au seuil fixé par le code de la route (0,5 g.L-1). L’Anses indique cependant que des dépassements peuvent être observés à certains postes de travail, par exemple dans le secteur des distillations industrielles et de la vinification.

L’Agence recommande tout de même aux ministères concernés de renforcer l’application des mesures de prévention et d’actualiser la classification des dangers de l’éthanol. D’éventuels effets toxiques aigus (irritation des muqueuses oculaires et respiratoires, céphalées, sensations de fatigue, de vertiges, etc.) peuvent mener à des accidents sur les lieux de travail. Il faut donc veiller à réexaminer les valeurs limites d’exposition professionnelle de l’éthanol au regard des connaissances scientifiques. Les travailleurs doivent être informés de ces dangers et les femmes enceintes devraient pouvoir changer temporairement d’affectation, recommande l'Anses.



[1] classé comme cancérogène certain (catégorie 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

[2] 1900 mg.m-3 actuellement en vigueur et considérée comme ne provoquant pas d’effets chroniques



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