L’été sera chaud… dans les rivières, dans les nappes d’eau

Le 13 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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La ministre chargée de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé, vendredi 13 mai, qu'il était trop tôt pour parler d'un impôt Sécheresse et qu'on pouvait encore sauver la saison alors que déjà 23 départements français sont concernés par des mesures de restriction. «La sécheresse est avérée, mais malgré tout il peut se remettre à pleuvoir dans les semaines qui viennent. On peut sauver la saison et on ne peut pas dire aujourd'hui avec assurance quel sera le degré de gravité pour le secteur», a indiqué la ministre sur la radio France Info.

Est-ce si sûr? Comme l’a rappelé, le 5 mai, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il n’est pas certain que la pluie revienne de sitôt. Selon l’agence de l’ONU, les hautes pressions situées au-dessus de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale ne devraient pas bouger «avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois».

La locataire de l’hôtel de Roquelaure a assuré qu'elle «essayait de tout organiser pour qu'on ne se retrouve pas dans des situations de tension. Il faut gérer la pénurie», a-t-elle ajouté.

En 1976, au terme de plusieurs mois de sécheresse, le gouvernement avait annoncé, fin août, une aide aux agriculteurs de 1,3 milliard d'euros, financée par un impôt Sécheresse exceptionnel, méthode qui n'a jamais été réutilisée depuis.

Selon le site du ministère de l'écologie, 23 départements français sont désormais concernés par au moins un arrêté restreignant certains usages de l'eau, soit 6 de plus que le 6 mai dernier. Le Maine-et-Loire, le Lot-et-Garonne, le Gers, l'Indre, le Jura et le Territoire de Belfort se sont ajoutés à la liste des départements où sont imposées des mesures de restriction, plus ou moins importantes selon la situation locale.
 
Le ministre chargé de l'agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi 12 mai, qu'il allait demander à Bruxelles le versement anticipé d'une aide financière pour aider les éleveurs, particulièrement touchés par la sécheresse, qui ont ainsi été autorisés à utiliser toutes les jachères, ces terres labourables laissées temporairement en repos et théoriquement inexploitables selon les règles européennes, pour nourrir leur bétail. Le ministère a appelé à la solidarité dans le monde agricole en invitant les céréaliers à éviter de broyer la paille afin que les éleveurs puissent l'utiliser pour nourrir leur bétail.
 
Dans le même temps, la sécheresse commence à peser sur la production électrique d’EDF qui annonce une diminution de sa production hydraulique de 20% au premier trimestre. Selon un article publié aujourd’hui 13 mai dans le journal Les Echos, «faute de pluie ou de fortes neiges durant l’hiver, le stock hydraulique est tombé cette semaine à son niveau le plus bas depuis 2003».
Selon les chiffres de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, le taux de remplissage des bassins, lacs ou barrages, représente 49% du volume maximal de stockage, contre 58% l'année dernière et 42% en 2003.
 
«EDF est extrêmement vigilant et assure une gestion fine du stock hydraulique», déclare une porte-parole de l’électricien. C'est justement pour éviter de faire baisser le niveau des fleuves qu'il a accepté de baisser sa production hydroélectrique au premier trimestre. EDF assure tirer les conséquences des canicules de 2003 et de 2006, qui l'avaient contraint à arrêter ou à réduire la puissance de plusieurs réacteurs. Il a ainsi déclaré mener des tests hebdomadaires en vérifiant la température des rejets des centrales nucléaires dans les fleuves.
 
La production électrique sera-t-elle suffisante cet été si la sécheresse se poursuit? Toujours selon Les Echos, parmi les 58 réacteurs nucléaires que compte le parc français, 9 tranches vont subir une visite décennale. Généralement ce genre d’examen d’une centaine de jours s’effectue pendant l’été.
 
En outre, l’Allemagne exporte normalement son électricité lorsque la France en a besoin. Mais dorénavant, elle est limitée en capacité depuis qu’elle a arrêté 7 réacteurs nucléaires après la catastrophe de Fukushima. Difficile donc de répondre à la question sans savoir à quoi vont ressembler les précipitations des prochains mois…
La ministre de l’écologie a annoncé la réunion lundi 16 mai, à Paris, d’un comité Sécheresse, rassemblant particuliers, industriels, agriculteurs, producteurs d'énergie, pour faire le point des mesures à prévoir.


http://www.wmo.int/pages/mediacentre/news/index_fr.html
 

 



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