L’Etat veut vidanger le barrage de Caussade

Le 04 mars 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Devant servir à l'irrigation, la retenue illégale pourrait être vidée.
Devant servir à l'irrigation, la retenue illégale pourrait être vidée.

La préfecture du Lot-et-Garonne pourrait faire vider le lac de retenue, construit illégalement, aux frais de la Chambre d’agriculture départementale.

 

Nouvel épisode du feuilleton du lac de Caussade. Construite illégalement par la chambre départementale d’agriculture, cette retenue est l’objet d’un bras de fer entre la préfecture et les agriculteurs du Lot-et-Garonne. L’été dernier, l’Etat avait engagé une concertation entre les parties prenantes, à la condition que les vannes restent ouvertes. Cette condition n’a pas été respectée.

Dans un courrier adressé, le 26 février, aux élus locaux, la préfète du Lot-et-Garonne, Béatrice Lagarde, explique que les fortes pluies de novembre ont fait monter l'eau a un niveau problématique. Ce qui n’est pas sans risque. Dans l'étude de sécurité qu’elle a réalisée à la demande des pouvoirs publics, le cabinet Antea souligne que l'ouvrage «n'a pas été réalisé dans les règles de l'art et le risque de rupture est avéré».

risque de rupture avéré

De quoi faire bondir la préfète. «Malgré le risque de rupture de l'ouvrage, malgré les conséquences pour les personnes et les biens, malgré mes lettres de mise en demeure (...) la chambre d'agriculture persiste dans la poursuite du remplissage de la retenue», indique-t-elle dans son courrier.

La représentante de l’Etat a donné huit jours aux agriculteurs pour s’amender. «Passé ce délai, des travaux d'office sont susceptibles d'être engagés sur site sous ma responsabilité, pour le compte et aux frais de la chambre d'agriculture».

Dans un communiqué, la Coordination rural du département menace d’installer des «barrages filtrants» autour du barrage pour empêcher toute intervention des forces de l’ordre.

Le délai préfectoral expire, en principe, le 5 mars.