L’Etat supprime ses aides au maintien de l’agriculture bio

Le 21 septembre 2017 par Stéphanie Senet
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Nouveau coup de rabot pour la bio
Nouveau coup de rabot pour la bio

Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a annoncé, le 20 septembre, que les aides au maintien destinées à l’agriculture biologique seraient supprimées à partir de 2018.

Après les aides à la conversion en juillet, au tour des aides au maintien de faire les frais des tours de vis budgétaires du gouvernement Philippe. Destinées à stabiliser une jeune exploitation après ses trois ans de conversion, celles-ci complètent les aides versées au titre du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), géré par les régions depuis la réforme de la politique agricole commune (PAC). Stéphane Travert a renvoyé la balle au marché et aux collectivités locales. «C’est au marché de soutenir le maintien de l’agriculture biologique car la demande est là et il faut que nous soyons collectivement en capacité d’y répondre», a-t-il déclaré à l’occasion du salon Tech & Bio qui s’est tenu les 20 et 21 septembre à Valence (Drôme). «Les régions peuvent continuer de financer des aides au maintien sur de nouveaux contrats mais elles devront le faire en responsabilité et sans mobiliser les crédits du ministère», a-t-il poursuivi.

Une filière bio?

Il a seulement précisé que cette décision était destinée à «recentrer les soutiens sur les aides à la conversion» et qu’il était prêt à accompagner une «filière bio», incluant la transformation et la distribution des aliments pour «favoriser l’écoulement de la production et éviter le gaspillage». Les aides à la conversion et au maintien de la bio représentent en moyenne 160 millions d’euros par an, entre 2015 et 2020, selon le ministère de l’agriculture. Une enveloppe qui sera désormais exclusivement destinée aux conversions d’agriculteurs.

Du côté des régions, impossible de connaître le montant des aides au maintien effectivement versées chaque année. «Les régions ont une totale liberté pour définir le montant comme les critères d’application de leurs soutiens», précise Charles Pernin, chargé de mission au Synabio. Raison pour laquelle le ministre de l’agriculture a décidé de réunir, fin septembre, les présidents de conseils régionaux pour y voir un peu plus clair.

19 nouvelles fermes par jour

Pour justifier ce revirement, le ministre de l’agriculture s’appuie sur les bons résultats du secteur. Selon le bilan publié le 15 septembre par l’Agence Bio, l’agriculture bio enregistre en effet un chiffre d’affaires de 7 Md€ en 2016. Soit une hausse de 20% par rapport à l’année précédente. Mais 19 nouvelles fermes ont été créées en moyenne, par jour, au cours du premier semestre 2017. Des fermes qui ont aussi besoin de soutiens pour être pérennisées, alors que la demande augmente au sein de la population, en particulier pour davantage de produits bio dans les cantines (lire notre article).

 

 

 

 

 



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