L’État lutte contre les algues aux… Antilles

Le 07 mai 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des milliers de tonnes d'algues brunes menancent les Antilles.
Des milliers de tonnes d'algues brunes menancent les Antilles.
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Le gouvernement agit finalement plus vite aux Antilles qu’en Bretagne. Il n’aura fallu que 4 ans aux services du ministère de l’écologie pour engager un plan d’action destiné à réduire les nuisances apportées par les échouages de «sargasses».

Depuis 2011, les rivages des Antilles subissent des arrivages plus ou moins réguliers de ces bancs d’algues brunes, dont les plus importants peuvent s’étendre, en mer, sur plusieurs centaines de kilomètres de long.

Selon une estimation des services préfectoraux, 180 hectares de sargasses menaceraient actuellement les côtes antillaises, soit 60.000 tonnes de matières sèches.

Gros soutien de l'Ademe

Pour éviter que les plages et les mangroves ne se transforment en décharge, l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et l’état vont subventionner la constitution de brigades vertes, chargées du nettoyage du littoral. «L’Ademe financera 50% du reste à charge de ces emplois aidés, soit un soutien de l’État de l’ordre de 250.000 euros par an pour une brigade de 50 emplois d’avenir», annonce le ministère de l’écologie, dans un communiqué.

Techniques innovantes

L’Ademe lance par ailleurs un appel à projets[1] pour développer des «techniques innovantes» de collecte et de traitement de ces monceaux d’algues brunes. «La valorisation de sargasses ramassées peut être l’épandage agricole (apport de potasse pour la canne à sucre). D’autres usages doivent être étudiés comme la transformation en charbon actif ou en bio plastique», suggère le ministère de l’écologie. Ce qui n’a rien d’évident. «Au vu des quantités énormes d'algues échouées et des zones touchées parfois inaccessibles, la valorisation ne peut être considérée comme la seule solution à ce problème», rappelle une récente note de la DEAL de Guadeloupe.

Totalement inoffensives dans l’eau, Sargassum fluitans et Sargassum natans peuvent être dangereuses à terre. Comme les tristement célèbres algues vertes qui souillent les plages de l’arc Atlantique métropolitain, les sargasses dégagent, en se décomposant, de l’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz particulièrement toxique.

La faute au climat ?

Inconnues sur les côtes antillaises avant 2011, les sargasses n’ont rien à voir avec la mer éponyme. Algues pélagiques, adeptes des eaux tropicales, elles se laissent porter par le courant circulaire (gyre) qui circule dans l’Atlantique entre les Amérique, l’Europe et l’Afrique.

Les blooms algaux que l’on observe depuis quelques années aux Antilles, mais aussi au Brésil ou en Sierra Leone, semblent alimentés par d’importants apports en nutriments (phosphates, nitrates), transportés par les fleuves (Congo, Amazone), des courants ascendants froids (upwelling) et des vents chargés de poussières riches en fer en provenance du Sahara.

Le changement climatique pourrait aussi avoir sa part de responsabilité, en modifiant, par exemple, le régime du gyre de l’Atlantique, dont le Gulf Stream constitue la branche la plus connue.

 

 



[1] Cet appel à projet est doté de 1,5 M€ et de 800.000 € dédiés à la Guadeloupe.

 



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