L’Etat débloque 100 millions d’euros pour fermer Stocamine

Le 18 décembre 2012 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Prochaine étape: Stocamine doit déposer un dossier de fermeture
Prochaine étape: Stocamine doit déposer un dossier de fermeture

La préfecture du Haut-Rhin a annoncé, le 17 décembre, la décision prise par la ministre de l’écologie de fermer définitivement le centre de stockage ultime des déchets industriels de l’entreprise Stocamine, situé à Wittelsheim.

Depuis 1999, entre 42 et 44.000 tonnes de déchets industriels ultimes (1) ont été stockées par 500 mètres de profondeur dans les galeries d’anciennes mines de potasse. Un incendie, déclaré en septembre 2002, a exposé une centaine de salariés à des fumées toxiques pendant plus de deux mois.

Depuis ce jour, le site n’accepte plus de déchets, mais reste ouvert du point de vue réglementaire et fait l’objet d’une surveillance active et de travaux d’entretien de la part de l’exploitant, filiale à 68% des Mines de potasse d’Alsace et à 32% du groupe Séché.

Le comité de pilotage d’experts (Copil), mis en place en 2010 pour étudier les conditions de fermeture du site, avait rendu son avis en juillet 2011, préconisant la pose de scellements efficaces, le retrait des déchets les plus dangereux –en particulier les 2.400 tonnes contenant du mercure- et une surveillance de la nappe (voir JDLE).

C’est cette solution qui a été retenue. Le préfet du Haut-Rhin Alain Perret a précisé, le 17 décembre, qu’un courrier signé de la ministre de l’écologie demande à Stocamine de déposer un dossier de fermeture, suivant les modalités précisées par le Copil. «Ce scénario de fermeture est de nature à pleinement garantir, y compris sur le très long terme, l’absence d’impact significatif sur la nappe d’Alsace tout en évitant des travaux trop importants de retrait des déchets dangereux, ce qui représenterait des inconvénients importants pour la sécurité et la santé de ceux qui seront amenés à intervenir», a affirmé le fonctionnaire de l’Etat lors de la réunion de la Commission locale d’information et de surveillance (Clis).

Un budget de 100 millions d’euros est par ailleurs accordé par l’Etat pour cette fermeture. Des crédits budgétaires seront disponibles dès 2013, assure le ministère de l’écologie.

Le dossier de fermeture, une fois constitué par Stocamine, devra encore être soumis à une instruction détaillée de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) d’Alsace, à une analyse critique d’un organisme tiers indépendant désigné par l’Etat, et à une enquête publique.

Cette solution ne satisfait ni les associations écologistes ni les syndicats de mineurs, qui lui préfèrent un retrait de l’ensemble des déchets, au nom de la santé de la population.

«J’appelle le gouvernement à étudier dès maintenant le scénario d’une extraction totale des déchets, seule option qui garantit à 100% la préservation de l’environnement et la santé des populations contre toute pollution de la nappe phréatique», a notamment réagi Sandrine Bélier, députée européenne EEVL.

(1) dont 23.000 tonnes de classe 1 (résidus d'incinération, déchets amiantés) et 19.000 de classe 0 (terres polluées, déchets chromiques, arséniés, phytosanitaires, mercuriels)

http://www.haut-rhin.pref.gouv.fr/sections/espace_presse/communiques_presse/commission_locale_d7881/downloadFile/file/20121217162229Clis_Stocamine_17_decembre_2012.pdf?nocache=1355758099.59



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus