L’Espagne veut taxer les emballages en plastique

Le 03 juin 2020 par Stéphanie Senet
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Les emballages de la vente à emporter sont visés
Les emballages de la vente à emporter sont visés

Le Conseil des ministres espagnol a approuvé, le 2 juin, son projet de loi sur l’économie circulaire qui prévoit de taxer les emballages en plastique à usage unique. Il pourrait entrer en vigueur en 2021.

En choisissant la taxe, l’Espagne se rapproche du Royaume-Uni et de l’Italie, qui en ont une dans les tuyaux, plutôt que de la France qui mise sur l’interdiction à un horizon lointain (2040). La nouvelle taxe présentée à Madrid visera la production, l’achat et l’importation à l’intérieur de l’UE d’emballages en plastique à usage unique, selon la ministre de la transition écologique Teresa Ribera. Avec un taux de 0,45 €par kilogramme d’emballage, elle rapportera environ 724 M€ par an[1]. Les gobelets et boîtes en plastique utilisés dans la restauration rapide et la vente à emporter sont particulièrement visés.

Contenants payants

Transposant les directives du paquet européen sur l’économie circulaire, ce projet de loi interdit aussi une dizaine d’objets en plastique à usage unique –dont les pailles, la vaisselle et les couverts- à partir de juillet 2021.

En 2023, les contenants alimentaires en plastique ne seront par ailleurs plus gratuits. Leur prix devra être indiqué sur le ticket de caisse et ils devront être progressivement remplacés par des emballages réutilisables.

Exit les microbilles

L’exécutif compte aussi supprimer les microbilles en plastique des produits cosmétiques et détergents. Et pour réduire les déchets de bouteilles en plastique, les bars et les restaurants seront obligés de proposer gratuitement de l’eau du robinet à leurs clients.

15% de déchets en moins

Plus largement, cette loi s’inscrit dans une stratégie globale qui vise à réduire tous les déchets de 15% en 2030 par rapport à 2010. Une stratégie qui permettrait de créer 70.000 emplois en 10 ans selon Teresa Ribera.

Le texte va désormais entamer son parcours parlementaire. Dans le meilleur des cas, il pourrait entrer en vigueur au premier semestre 2021.

 



[1] En se basant sur les  chiffres de 2017