L’Espagne plombe ses renouvelables

Le 13 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les petites entreprises du renouvelable vont connaître la crise.
Les petites entreprises du renouvelable vont connaître la crise.

Pour alléger le coût du travail, fournir de nouvelles recettes aux Etats, tout en allégeant leur empreinte carbone, les économistes prônent la taxe carbone. Pas en Espagne. Dans le cadre du vaste plan d’économie, adopté ce matin par le conseil des ministres (mais non totalement dévoilé), José Manuel Soria a fait adopter un nouveau «schéma fiscal énergétique», totalement à contre-courant.

Derrière cette formule alambiquée se cache une série de taxes qui frapperont les producteurs d’électricité. Mais pas tous de la même façon. Le principe français de l’égalité devant l’impôt n’a pas cours, outre-Pyrénées.

En résumé, plus les électriciens seront bénéficiaires, plus durement ils devront contribuer au redressement productif. Normal? Fiscalement, peut-être, surtout en période de vaches maigres. Mais sur le plan climatique, le «schéma Soria» s’avère désastreux. Car il frappera beaucoup plus lourdement les producteurs de kilowattheures verts que ceux utilisant du charbon ou du gaz.

Selon des fuites parues dans la presse espagnole, les exploitants de centrales photovoltaïques pourraient être plus de quatre fois plus taxés que les propriétaires de centrales thermiques au charbon ou au gaz. Les proprios de fermes éoliennes s’en tirent un peu moins mal: taxés trois fois plus que les électriciens émetteurs de CO2.

«Une taxe de 11% sur le chiffre d’affaires des entreprises éoliennes, comme celle que le gouvernement veut imposer, porterait un coup fatal au secteur», a immédiatement réagi l’Association des entreprises éoliennes (AEE), dans un communiqué.

De son côté, l’Union espagnole des entreprises électriques (Unesa, le lobby qui réunit les 5 principaux électriciens) souligne que cette fiscalité nouvelle réduira des bénéfices déjà très légers. Traduction: les 184.000 employés du secteur pourraient en faire les frais.

Au total, calcule le quotidien économique Cinco Dias, les membres de l’Unesa devraient s’acquitter de 1,3 milliard d’euros de taxes nouvelles contre 1,2 milliard pour les petits exploitants de fermes éoliennes et solaires.



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