L’Espagne abrite plus d’un million de puits d’eau illégaux

Le 05 février 2019 par Stéphanie Senet
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Sous la pression de l'irrigation, les puits illégaux se sont multipliés
Sous la pression de l'irrigation, les puits illégaux se sont multipliés

 

La répétition des sécheresses a conduit de nombreux agriculteurs à creuser des forages illégaux, ce qui menace l’approvisionnement en eau potable et accentue le dérèglement climatique.

La mort de Julen Rosello, un enfant de deux ans tombé par accident dans un puits abandonné de 100 mètres de profondeur en Andalousie, a donné un coup de projecteur sur les forages illégaux en Espagne. Le pays en comptait plus d’un million en 2017, fournissant 7 milliards de mètres cubes d’eau selon Greenpeace.

 

Sécheresses à répétition

Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis des décennies, les agriculteurs espagnols creusent des puits en toute illégalité pour compenser la baisse des ressources en eau. Alors que les précipitations ont régressé de 12% entre 2016 et 2017 et qu’une importante vague de chaleur a été observée l’été 2018, les nappes souterraines s’assèchent. Au printemps 2017, celles-ci n’étaient remplies qu’à 43% contre 60% en moyenne à la même période.

Cette sécheresse menace non seulement l’approvisionnement en eau mais aussi la production hydroélectrique, ce qui pourrait réduire la production d’énergies renouvelables, accentuer les émissions de gaz à effet de serre et le dérèglement climatique.

 

La capitale de la fraise sous surveillance

Quelques mesures ont été prises pour arrêter l’essor des puits illégaux. Depuis 1985, tout propriétaire est notamment obligé de déclarer la présence de puits sur ses terres. Ce qu’il s’abstient en général de faire. Par ailleurs, les autorités locales andalouses ont ouvert 943 procédures au cours des deux dernières années, liées à des prélèvements illégaux d’eaux souterraines dont la moitié sont situées à Huelva, la capitale espagnole de la fraise. La loi punit ces infractions par des amendes allant jusqu’à un million d’euros.

 

Responsabilité nationale

La Commission européenne a également assigné l’Espagne devant la Cour de justice de l’Union européenne, le 24 janvier, pour l’insuffisante protection des masses d’eau souterraines situées dans les zones humides de Doñana, classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Selon le WWF, ce parc national compterait pas moins de 1.000 puits illégaux.



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